« Les bibliothèques populaires illustrées en Espagne (1850-1868) »,

en : La collection. Essor et affirmation d’un objet éditorial. Christine Rivalan Guégo, Myriam Nicoli (dir.), Rennes, PUR, 2014, pp. 89-115.


 

 


 

Autour de 1850 apparaissent en Espagne (à Madrid) au moins trois bibliothèques populaires illustrées: la Biblioteca Universal de Ángel Fernández de los Ríos, remplacée de fait par El Eco de los folletines, «nouvelle collection économique d’œuvres choisies[1] », à partir de février 1854, et la Biblioteca Ilustrada de Gaspar y Roig[2].

Ces bibliothèques illustrées sont certainement à situer par rapport aux collections populaires illustrées de Barba, Bry et Havard qui sont leurs évidents modèles[3]. Cela mériterait une étude en soi, mais, sans attendre, on peut affirmer qu’il ne s’agit pas d’une simple transposition ni de l’imitation d’un modèle unique : les nombreux emprunts ou coïncidences observables donnent lieu à un travail d’assemblage et d’hybridation pour l’obtention d’un produit finalement original, destiné d’emblée à l’exportation en Amérique hispanique, et cette appropriation est certainement autant révélatrice que de l’aspiration des acquéreurs à s’inscrire dans un modèle européen de référence que de simples commodités éditoriales.

Mais l’apparition de ces bibliothèques ne peut non plus être comprise sans tenir compte des autres produits éditoriaux existants : les livres unitaires ou en plusieurs tomes, illustrés ou non, les périodiques avec feuilletons, les revues illustrées ou encore les publications par livraisons qui les ont précédées sur le marché, qui leur font concurrence et qui leur survivront[4].

C’est dans ce cadre historiquement déterminé que s’inscrit la présente étude sur ces éphémères collections où le discours éditorial à l’œuvre dans le projet sera confronté aux modalités effectives de réalisation et de réception.

ILLUST. 1 et 2.

 

1. Le projet  La collection c’est d’abord —quelquefois on en reste là— un projet éditorial parfois explicité dans un prospectus[5], mais dans le cas de ces nouvelles bibliothèques c’est plus encore une invitation faite aux lecteurs —aux « nouveaux lecteurs[6] » ?— à se projeter dans l’acquisition en pleine propriété d’un ensemble de textes homogène et illustré non advenu, en suscitant une adhésion,  si possible dans la durée.

Les termes employés pour désigner l’ensemble sont « biblioteca[7]», mais aussi « colección » et «  archivo[8] », tandis que la Biblioteca Ilustrada de Gaspar y Roig suggère, sans toutefois l’utiliser, le terme  « panthéon[9] ».

S’agissant des « bibliotecas », elles proposent à ses acquéreurs potentiels d’accéder aux œuvres de référence, en se les appropriant par l’acquisition d’un titre emblématique (la Bible, Los Españoles Pintados por sí mismos), des œuvres d’un auteur (la « collection des œuvres de Dumas », par exemple) ou de la bibliothèque dans son entier.

Le confirment les sous-titres des bibliothèques et les qualificatifs hyperboliques employés : « livres anciens et modernes les plus lus » (Biblioteca Universal), « œuvres remarquables du génie humain, anciennes et modernes, nationales et étrangères » (Biblioteca Ilustrada[10]), « archive choisie des œuvres de divertissement et d’instruction de tous les temps et tous les pays[11]» (El Eco de los folletines). Soit, à la fois, la totalité (œuvres « anciennes et modernes ou de tous les temps », « nationales ou étrangères » ou « de tous les pays ») et l’excellence (« choisies », « remarquables » ou « les plus lues »).  

Pour certaines d’entre elles, elles se déclinent en différentes séries ou sections, à dominante thématique, comme les trois séries de la Biblioteca Universal[12], les six séries de la Biblioteca Universal Diaria[13], ou les deux ou trois séries d’œuvres de la Biblioteca Ilustrada[14].

Il s’agit de satisfaire des besoins latents  qui trouvent ainsi à s’exprimer de façon explicite : un intérêt pour l’accès au plaisir et à la connaissance servis par les différentes séries (littéraires, historiques,  scientifiques, etc.)

La collection vaut donc autant par l’intention ou le désir qu’elle suscite que par sa matérialisation ou la possession effective.

ILLUST. 3

Dans la présentation qui en est faite, l’accent est autant mis sur les aspects fonctionnels de la collection que sur sa valeur symbolique.

S’agissant de l’objet livre lui-même, sont vantées ses qualités ergonomiques associées à l’élégance de la forme et à la quantité d’un texte toujours présenté comme « intégral[15] ».

L’accent est particulièrement mis sur le caractère indispensable des illustrations d’un point de vue fonctionnel,  comme « mise en relief » du texte[16], mais aussi sur le luxe qu’elles supposent et procurent, en raison de leur abondance ou profusion : il s’agit en effet d’ « illustrer » mais aussi d’«orner » et d’« enrichir », d’une « infinité », « multitude » ou « profusion » de « remarquables » ou « magnifiques » gravures[17], dues aux « meilleurs artistes », les textes proposés.

ILLUST. 4

A tous ces arguments d’ordre fonctionnel ou symbolique s’ajoutent les avantages économiques que réserve l’acquisition de la collection : il s’agit en effet de bibliothèques « populaires[18] », c’est-à-dire « d’acquisition aisée », et « économiques », c’est-à-dire bon marché, grâce à la mise en œuvre de « combinaisons typographiques » originales, c’est-à-dire la composition sur deux colonnes dans le but d’économiser l’espace avec des caractères « compacts » et des illustrations insérées[19].

ILLUST. 5

Ce qui est sûr, à en croire les éditeurs, c’est que cette formule permet de proposer une œuvre existante, agrémentée d’illustrations, sous un volume réduit[20], et pour un prix entre quatre et 10 fois moins cher qu’auparavant[21]. Avantage supplémentaire, les textes de la collection se présenteront de façon homogène, car, comme le soulignent Gaspar y Roig,  «il est préférable d’avoir « toutes les œuvres d’un auteur dans le même format afin que tous les volumes soient pareils sur une étagère[22] ».

Pour la première fois —l’accent est mis sur la rupture que représente une telle innovation, y compris au sein d’une même maison d’édition[23]—, sont ainsi mise à la portée de ceux qui jusqu’alors n’avaient pas les moyens de les acquérir dans les éditions « ordinaires », des livres qui sont désormais « à la portée de toutes les fortunes »[24].

Ajoutons l’avantage supposé pour l’acquéreur d’un système de commercialisation, par souscription (moins cher que l’achat à l’unité) et l’étalement de l’acquisition dans le temps avec la fragmentation (par livraison), la périodicité (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle[25]) avec une ponctualité garantie[26], qui peut s’accompagner du plaisir de la collection et pour l’éditeur d’une relative fidélisation[27].

Dans certains cas, comme celui de la Biblioteca Ilustrada Diaria, le rythme hebdomadaire peut même être associé à un jour particulier de la semaine en fonction des différentes séries et créer ainsi, au moins potentiellement car il ne semble pas que l’entreprise ait prospéré, une sorte de lien quotidien permanent[28].

            On remarquera que dans leur démarche de conviction entreprise auprès des lecteurs/acquéreurs, les éditeurs prennent bien soin de se situer par rapport à l’existant connu ou  supposé connu des « nouveaux » lecteurs qu’ils souhaitent conquérir ou dont il prétendent modifier les habitudes en leur proposant une avancée avantageuse à tous points de vue : l’acquisition d’un texte connu et/ou qu’il faut avoir dans sa (future) bibliothèque sous forme d’un livre nouveau qui s’articule rappelle la forme des périodiques formes émergentes, disponibles, omniprésentes, de référence.

Par rapport au livre, les nouveaux in 8° (qui sont de fait des in-4°) sont, en effet, à comparer aux  « tomes in-8° ou de ceux qu’on a rangés sous ce nom[29] »  (Bibl. Il. 1850).

Par rapport à la presse qui connaît alors un grand essor notamment la presse illustrée[30],  ces collections qui sont souvent imprimées sur les mêmes machines que celles des périodiques[31] et pour l’une d’entre elles dérivées de la presse[32] ILLUST. 6 et 7, incorporent des recettes ou procédés caractéristiques des journaux et des revues illustrées : la manchette[33], le format et la mise en pages en colonnes, le nombre de pages, le système d’abonnement, la fragmentation en livraisons ou entregas, la périodicité[34],  avec, cependant, le projet de donner une cohérence et une unité finale, préfigurée par la pagination continue ou la fourniture annoncée de couvertures[35].

Mais aussi par rapport à la concurrence : l’invention en Espagne des collections populaires illustrées est due à Fernández de los Ríos[36] et Gaspar y Roig qui avaient l’expérience des éditions de luxe se sont immédiatement trouvés dans l’obligation de suivre[37]. Dès lors, la rivalité entre les deux bibliothèques (la Biblioteca Universal et la Biblioteca Ilustrada) est constante et donne lieu à des échanges d’arguments publicitaires qui permettent de mieux cerner encore les motivations supposées chez les acquéreurs potentiels[38].

            Même au sein d’une même maison d’édition, celle de Fernández de los Ríos, la nouvelle collection (El Eco de los folletines, « collection la plus abondante en lecture et la meilleur marché de toutes les collections[39] », selon  Las Novedades du 7-2-54, est présentée comme étant encore plus économique encore que la Biblioteca universal[40].

            On pourrait donc dire que les promoteurs des bibliothèques partent d’une certaine représentation du livre et du désir qui y est associé  pour, en utilisant les modalités de la presse périodique, proposer un nouvel objet unitaire et unifié par la collection comme va nous permettre de le vérifier l’examen sur pièce des caractéristiques matérielles des volumes composant effectivement la bibliothèque, du point de vue de la forme et du point de vue du lecteur-récepteur.

 

2. La matérialité[41] La réalisation éditoriale de ce projet pour les nouveaux lecteurs qui sont autant à éduquer qu’à conquérir passe par la mise en œuvre d’un certain nombre de dispositions matérielles de production et commercialisation similaires à celles observées à propos des collections populaires illustrées françaises.

Il s’agit d’abord de rechercher le meilleur coût de production et donc de vente, tout en garantissant la qualité du produit.

            D’où le choix du papier, proche de celui utilisé pour la presse quotidienne; du format  in-4° (26.1 x 16.6cm  pour la Biblioteca Universal,  26x17 cm pour la Biblioteca Ilustrada et El Eco de los Folletines) ; d’une mise en page particulièrement dense, dans un corps 8, permettant la composition de 10 à 11 000 caractères par page sur deux colonnes, et occupant plus de 70% de la feuille, avec peu de marges, par conséquent, et une considérable réduction du volume[42].

Un autre choix fondamental concerne le système d’illustration, avec des illustrations intercalées dans le texte (à la différence de la plupart des livres de l’époque qui incluaient des illustrations hors-texte), mais généralement positionnées, pour des raisons d’économie sans doute,  sur une seule face de la feuille (pages 1, 4, 5, 8, 9, 12, 13, 16/17, etc.), avec pour conséquence une absence de contigüité et un décalage parfois important, corrigé par un système de renvoi à la page de référence dans les légendes et, quelquefois, une sorte de saturation de la surface imprimée.

Malgré les affirmations des éditeurs, et encore pour des raisons d’économie, plutôt que de gravures espagnoles ou originales, plus chères à produire, il s’agit de gravures empruntées ou réemployées[43], au prix parfois de quelques ajustements[44].

            S’agissant de la « partie littéraire »,  la plupart des textes publiés sont des traductions déjà existantes ou réalisées pour l’occasion d’œuvres françaises, pour l’essentiel, pour lesquelles il n’est pas sûr que des droits aient toujours été payés[45].

Quel que soit le degré de réemploi ou d’emprunt d’un matériau préexistant,  il s’agit cependant d’une production présentée par l’éditeur et sans doute perçue par le lecteur comme nouvelle et originale, dans le cadre de la collection et d’une diversification de l’offre éditoriale caractéristique de la seconde moitié du XIXe siècle.

S’agissant du mode de production et de commercialisation ou acquisition, les unités de base sont le cahier  ou pliego de impresión  de 16 pages  in 4° et la livraison  (entrega) d’un nombre de cahiers et de pages variable[46], selon une périodicité également variable.  Le prix de vente est le plus souvent fixé à un réal[47] (un prix modique en apparence, qui, pour être compris du point de vue des acquéreurs de l’époque doit être rapporté à ceux pratiqués pour des produits similaires mais aussi aux revenus disponibles[48]), mais le prix de chaque œuvre varie évidemment en fonction du nombre de cahiers, y compris les illustrations[49].

Le rythme hebdomadaire, journalier ou mensuel, quant à lui, ne semble pas avoir toujours été garanti[50].

            De toute façon, au projet de collection est étroitement associé l’objectif d’unité finale

qui s’opère et s’obtient en trois phases :

-par la réunion de plusieurs livraisons en un fascicule (cuaderno), également appelé « tome », correspondant le plus souvent à un titre (il y des quelques exceptions[51]), et avec une pagination continue. Chaque fascicule comporte une couverture spécifique avec la mention de l’intitulé de la bibliothèque, du ou des titres, du nombre d’illustrations, du prix (ILLUST. 8) et une illustration généralement reprise du cours du texte. Cette couverture permet l’identification et l’unification, en même temps que la protection[52], dans l’attente d’autres reliures. Sur la page de titre de chaque fascicule ou « tome », le libellé générique de la collection est figuré par  une manchette en forme de bandeau-frontispice, aux contenus symboliques, qui par sa disposition (en haut de la page, en forme de guirlande) invite invariablement à entrer, comme par un porche, dans la littérature désignée par le titre variable mais, en quelque sorte, garanti par le label de la bibliothèque[53].

Ce stade peut, en effet, être suivi par la réunion de plusieurs fascicules ou brochures en un tome relié, mais sans pagination continue (la pagination est celle de chacune des œuvres le composant), qui peut aussi être mis en vente en tant que tel, avec une page de titre spécifique[54]. ILLUST. 9

Enfin, la réunion de plusieurs tomes constituera la biblioteca proprement dite, à son stade achevé,  avec toute l’homogénéité souhaitée, ou presque[55].

            L’objectif d’unité et de complétude associé à la collection se trouve ainsi plus ou moins atteint, avec le sentiment de satisfaction qui peut l’accompagner.

Ce qui est sûr, c’est qu’entre le projet annoncé et sa réalisation, il y a quelque différence[56] : la Biblioteca universal ,  d’après les informations aujourd’hui disponibles, ne publiera, au total que 40 titres de 30 auteurs (dont 16 français et 8 espagnols), réunis en 3 tomes de 1376 pages au total, et cessera de paraître en 1852.  Les éditeurs espagnols ont manifestement eu du mal à aller au bout de leur projet qu’il doivent interrompre ou remodeler, comme Fernández de los Ríos qui se replie sur une solution moins onéreuse et moins compliquée : la pré-publication en feuilleton (dans le journal Las Novedades) de ce qui est conçu comme un livre, avec une commercialisation mensuelle (et non plus hebdomadaire) d’un nombre de cahiers par livraison plus important et pour des œuvres d’auteurs moins nombreux, moins divers ou prestigieux que ceux annoncés dans le prospectus[57].

 

3. La réception  On ne dispose que de peu d’informations sur le public de ces collections ni sur leur réception et leur éventuel succès.

A en juger par les discours des éditeurs et la matérialité même des collections, la mission culturelle et sociale de ces bibliothèques étaient avant tout à d’élargir le public en développant le goût pour la lecture[58] et en favorisant l’accès au livre à de nouveaux lecteurs, avec quelque succès si on les en croit : « il y a cinq ans la plus forte souscription à un ouvrage ne dépassait pas 100 souscripteurs –écrivent Gaspar y Roig en 1852 —  et avec le goût pour la lecture que nous avons créé avec notre bibliothèque il y a à présent 15 a 16 000 souscripteurs[59]».

            C’est ce que s’efforcent de suggérer les manchettes, en représentant les attentes supposées des lecteurs et des lectrices, car ce sont celles-ci qui sont le plus souvent données à voir, dans une attitude de méditation ou de rêve  plus que de concentration, suscitée par l’acte de lire un livre ou un imprimé évidemment présent en  grand nombre[60], dans des extérieurs plutôt classiques et comprenant des éléments floraux ou végétaux. Le bandeau dessiné par Vallejo et gravé par Cibera pour la Biblioteca Ilustrada peut être considéré comme assez représentatif des intentions éditoriales : il s’agit d’une scène située dans un parc anglais avec au centre une statue et une fontaine; sont représentés à droite deux lectrices (assises) et, au second plan, un  homme à casquette, appuyé contre un arbre et lisant à des enfants, un lecteur tenant dans sa main gauche un livre fermé. A gauche, au premier plan,  un dessinateur (Vallejo lui-même ?) et deux personnes regardant par dessus son épaule et un lecteur allongé avec un album dans les mains (on dénombre huit livres ou imprimés au total). S’agit-il des lecteurs « modèles » ou de représentations de lecteurs/trices « conformes » —le code vestimentaire représenté pourrait être une information—dans lesquels peuvent se projeter de potentiels nouveaux lecteurs? Il est difficile de trancher.

ILLUST. 10

            Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les éditeurs mettent en avant, bien que de façon peu précise, l’importance des tirages et la rapidité avec laquelle les éditions s’épuisent[61], pour créer une sorte d’engouement et un effet d’entraînement. Il semble pourtant qu’ils n’aient pas toujours bien su programmer leur production, comme on l’a vu, ni surtout trouver la clientèle suffisante pour pouvoir durer.

Par ailleurs, quand il s’agit d’acheter de la lecture, à en juger par les arguments publicitaires, cette nouvelle clientèle se montre particulièrement attentive au rapport quantité/prix. C’est certainement pourquoi El Eco de los Folletines juge bon de préciser que chaque page de sa collection comprend 4 200 caractères soit 632 000  par cahier et que « le nombre des illustrations, plus important dans certains cahiers, n’affectera pas la quantité de lecture[62]». Mais cette annonce n’est manifestement suffisante pour convaincre et  l’éditeur invite ses futurs clients à juger sur pièce, en se rendant auprès du Centre de souscription ou de ses représentants pour examiner la première livraison, grâce à quoi ils pourront se faire une idée de ce que sera l’édition[63].

Reste que le public ne semble pas avoir suffisamment ni durablement répondu aux offres des éditeurs[64].

            L’analyse des résultats sur le marché argentin et hispano-américain peut fournir quelques indications et explications à cette situation : c’est ainsi que  Gaspar y Roig adressent à leur  représentant à Buenos Aires 1.000 exemplaires de chacune des livraisons de la Biblioteca Ilustrada existantes en 1852 de Historia general de España, Tres Reinos de la Naturaleza , El Año cristiano, La Araucana, El Genio del Cristianismo,  Atala,  René,  Las aventuras del último Abencerraje, El Diablo Mundo et Nuestra Señora de París , tandis que Benito Hortelano reçoit, fin janvier 1852, plus de 500 arrobes d’œuvres de médecine, d’histoire naturelle ou sainte[65], de la Biblioteca Universal qu’il représente dans la même ville et se retrouve à la tête de 300 000 livraisons.  Dans le cas de Gaspar y Roig le rêve américain ne se réalisera guère on le sait (cf. Botrel, 2003) et la  Biblioteca Universal qui réussira à se perpétuer à travers El Eco de los Folletines n’ira pas au delà de 1852.

Quant à d’éventuels échos dans la presse, hormis les encarts publicitaires, on ne peut, pour le moment,  faire référence qu’à une mention de Jarilla de Carolina Coronado, publié dans la Biblioteca Universal,  dans le n° 108 de La Censura de décembre 1853.

 

 

 Les collections qui font l’objet de cette étude correspondent de toute évidence à un moment précis de l’histoire éditoriale et culturelle de l’Espagne :  celui de l’émergence de nouveaux lecteurs et de nouvelles formes liées à la deuxième révolution de l’imprimé et à l’essor de la presse ; quelques éditeurs novateurs peuvent ainsi expérimenter une nouvelle formule, déjà disponible au moins sur le marché français, caractérisée par la densité du texte et l’abondance d’illustrations et située entre la publication périodique et le livre.  Cette expérimentation a pour corolaire une relative instabilité et hétérogénéité dans les formes de publication et de commercialisation, perceptible à travers la variation des manchettes introduisant les collections, l’écart entre les titres annoncés et les titres publiés ou les hésitations dans la dénomination des composants de la collection[66], de même qu’une réelle difficulté à s’installer durablement dans le panorama éditorial, avec la concurrence que représentent, par exemple, les feuilletons publiés dans la presse mais également collectionnables ou les publications par livraison[67]. L’attrait supposé du prix et de la profusion d’illustrations ne semble pas avoir été suffisant pour convaincre, ni en Espagne ni en Amérique Latine,  un public dont on espérait la facile séduction.

Au delà de la circonstance, ces bibliothèques illustrent sans doute un des aspects constitutifs  de la collection : l’invitation à se projeter dans un ensemble encore à construire qui pendant un temps a pu jouer un rôle aussi important que sa concrétisation, en suscitant une coopération d’intention de la part d’un acquéreur potentiel et parfois effectif, étroitement impliqué dans la réalisation de l’idée: support pour une ambition, la collection n’a pu être qu’une illusion, mais elle a contribué de façon élémentaire à construire une nouvelle représentation de l’avantage effectif et symbolique qu’il y aurait à posséder chez soi un ensemble de valeurs littéraires ou autres, reconnues et visibles dont la collection est porteuse et garante à la fois.

En ce sens —il conviendrait évidemment de comparer avec des situations similaires dans d’autres pays—, autant ou plus qu’à une offre effective de lecture finalement assez limitée ces collections espagnoles ont pu contribuer à la constitution d’un nouveau cadre mental, caractérisable du point de vue social et psychologique, et d’un dispositif qui connaîtra sans doute son apogée un siècle plus tard avec les clubs du livre.

 

 

Jean-François Botrel

(Université Rennes 2-Haute-Bretagne)

 

Etudes et ouvrages cités.

 

 

Alonso C., « Antecedentes de las Ilustraciones »,  E. Trenc (éd.), La prensa ilustrada en España. Las Ilustraciones (1850-1920), Montpellier, Université Paul Valéry- Iris, 1996, n  pp. 13-44

----, « Ángel Fernández de los Ríos (1821-1880). La escritura militante », M.  L. Ortega (ed.), Escribir en España entre 1840 y 1876, Madrid, Visor Libros, 2002, pp. 139-162.

----, « La literatura de cada día », V. Infantes, F. Lopez, J.-F. Botrel (dir.), Historia de la edición y de la lectura en España 1472-1914, Madrid, Fundación Germán Sánchez Ruipérez, 2003, pp. 571-580.

 

Baulo S., « La producción por entregas y las colecciones semanales », V. Infantes, F. Lopez, J.-F. Botrel (dir.), Historia de la edición y de la lectura en España 1472-1914, Madrid, Fundación Germán Sánchez Ruipérez, 2003, pp. 581-590.

 

Bibl. Il. 1850=Biblioteca Ilustrada de Gaspar y Roig… Prospecto  Madrid, Imprenta de Gaspar y Roig, editores, Príncipe, 4, 1850,  4 p.  28, 5 x 20 cm (Col. JFB).

 

Bibl. Univ. 1851=Nueva serie de la Biblioteca Universal : Anuncio en « Biblioteca Universal »,  tomo I, 1851 p. 4 de cubierta (BNE 1/15903).

 

Botrel J.-F., "Los nuevos lectores en la España del siglo XIX", Siglo diecinueve, n° 2, 1996, p. 47-64 (Version en portugais : "Os novos leitores na Espanha do século XIX", Leitura e escrita em Portugal e no Brasil 1500-1970. Actas do 1° Congreso Luso-Brasileiro de História da Educação, Lisboa, Sociedade Portuguesa de Ciências da Educação, 1998, vol. I, p. 67-79)

----, "L'Espagne et les modèles éditoriaux français (1830-1850)", J.-R. Aymes et J. Fernández Sebastián (eds.), La imagen de Francia en España (1808-1850), Bilbao, Univ. del País Vasco/Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997, pp. 227-242.

 ----, "Los nuevos coleccionistas en la España del siglo XIX", El Libro antiguo español. VI. De libros, Librerías, Imprentas y Lectores, Salamanca, Ediciones Universidad de Salamanca, 2002, p. 53-65.

----a, « Gaspar y Roig et le rêve américain des éditeurs espagnols (1845-1861) », R. Andréani, M. Roland, H. Michel, E. Pélaquier, Des moulins à papier aux bibliothèques. Le livre dans la France méridionale et l’Europe méditéranéenne (XVIe-XXe siècles). Actes du colloque tenu les 26 et 27 mars 1999 à l’université de Montpellier III, Montpellier, Université Montpellier III, 2003, p. 269-285.

----b, "La construcción de una nueva cultura del libro y del impreso en el siglo XIX", J. A. Martínez Martín (ed.), Orígenes culturales de la sociedad liberal (España siglo XIX), Madrid, Biblioteca Nueva/Editorial Complutense/Casa de Velázquez, 2003, pp. 19-36.

----, « El precio del libro (España, siglos XIX-XX) », P. M. Cátedra, M. L. López-Vidriero, María Luisa (dir.), M. I. Páiz Hernández (ed.), La memoria de los libros. Estudios sobre la historia del escrito y de la lectura en Europa y América, Salamanca, Instituto de Historia del Libro y de la Lectura, 2004, tomo II, p. 511-527.

----,« Imágenes sin fronteras : el comercio europeo de las ilustraciones », B. Rodríguez Gutiérrez, R. Gutiérrez Sebastián (eds.), Literatura ilustrada decimonónica, 57 perspectivas, Santander, PUbliCan, 2011, pp. 129-144.

 

Catálogo 1868= Catálogo general de los libros de fondo y de surtido y de la Biblioteca Ilustrada de la Casa de Gaspar y Roig, Editores, Impresores y Libreros, Madrid, 1868 (Biblioteca Municipal de Sevilla).

 

 

Martinez de Sousa J., Diccionario de bibliología y ciencias afines, Madrid, Fundación Germán Sánchez Ruipérez, 2a edición, 1993.

 

Vuaroqueaux G.-A., Edition populaire et stratégies éditoriales de 1830 à 1875, sous la dir. de J.Y. Mollier et D. Cooper-Richet. ANNEE 2005 ...

 

Witkowski C., Monographie des éditions populaires, Paris, Pauvert 1982

--- Les romans à quatre sous, les publications illustrées à 20 cents (1848-1870), Saint-Cloud, C. Witkowki, 1980, 223 p.

     

 

 

 

 

 



[1]  « nueva colección económica de obras escogidas ». 

[2] La Biblioteca Diaria Universal  d’Ángel Fernández de los Ríos peut être incluse dans la liste. Des interrogations subsistent concernant les  Novelas populares ou la Biblioteca Española de l’éditeur Mellado (Alonso, 1996, 36). Je remercie Cecilio Alonso et Marta Palenque de l’aide précieuse qu’ils ont bien voulu m’apporter dans l’exploration de ces collections encore mal connues.

[3] Cf. Botrel, 1997. Ces collections (Romans Populaires Illustrés, Veillées Littéraires Illustrées, Les Romans Illustrés, Romans du Jour Illustrés, Romans Contes et Nouvelles Illustrés, Le Panthéon Populaire Illustré, etc.) ont été décrites par Claude Witkowski (1980, 1982) et ont fait l’objet de la thèse de G. Vuaroqueaux (2005) où la collection est définie (2005, II, 269) comme la «  réunion d’ouvrages sous une même forme », un « espace, système explicatif dans lequel peuvent se retrouver le plus grand nombre de lecteurs ». Il faudrait vérifier s’il n’a pas existé pas d’autres modèles disponibles en Angleterre ou en Allemagne.

[4] Cf. Alonso C., « La literatura de cada día » et  Baulo S., « La producción por entregas y las colecciones semanales », V. Infantes, F. Lopez, J.-F. Botrel (dir.), Historia de la edición y de la lectura en España 1472-1914, Madrid, Fundación Germán Sánchez Ruipérez, 2003, p. 571-58 et 571-580.

[5] Voir celui de Gaspar y Roig de 1850 (Bibl. Il. 1850).

[6] Cf. Botrel J.-F., "Los nuevos lectores en la España del siglo XIX", Siglo diecinueve, n° 2, 1996, p. 47-64.

[7] Ce terme, déjà attesté au XVIIIe siècle (cf., en 1793, « una biblioteca de literatura slávica/ de los autores de Viena »), est utilisé dans le sens de « conjunto o colección de libros […] organizados según sistemas preestablecidos y destinados a servir al público » (Martínez de Sousa, 1993, 90).

[8] El Eco de los folletines est, par exemple, présenté comme « archivo escogido de obras amenas e instructivas de todos los tiempos y todos los países », au sens de « publicación periódica en la que se reúnen todos los trabajos referenets a una expecialidad técnica o científica » (Martínez de Souza, 1993, 34).

[9] Le frontispice du propsectus de 1850 (Bibl. Il. 1850) est une composition, œuvre de Zarza et Cibera, avec de part et d’autre d’un buste de Cervantes, des médaillons renvoyant à de grands auteurs espagnols (Sarmiento, Mesonero Romanos, Quintana, Feijoo, Quevedo, Mariana, Zorrilla, Villoslada, Espronceda, Calderón, Moratín, etc.) et à quelques auteurs français (Rousseau, Dumas, Hugo, Sue, Lamartine, Chateaubriand, etc.). A comparer avec celui que propose  Barba pour ses Romans populaires illustrés, avec Hoffman, Marryat, Dickens, Cooper, Lafontaine, P. de Kock, Pigault-Lebrun, Bertall, etc.) et celui —implicite et plus « européen— de Fernández de los Ríos.

[10] « no habrá obra notable, de cualquiera nación que sea, que no venga a figurar en nuestra Biblioteca », assurent Gaspar y Roig qui annoncent une nouvelle série consacrée aux « obras más sobresalientes de la literatura europea », en précisant que  « si damos algunas obras muy conocidas es por ser indispensables en toda biblioteca ». Leur Biblioteca ilustrada sera la «  biblioteca más selecta, más bien ilustrada e impresa ». Même le risque d’un éventuel doublon est balayé par avance : « Por mal que venda un libro que ya tenga, no puede perder y aun podría ganar bastante » (Bibl. Il. 1850).

[11] « libros antiguos y modernos más leídos » ;  « obras sobresalientes del genio humano, antiguas, modernas, nacionales y estranjeras » ; « archivo escogido de obras amenas e instructivas de todos los tiempos y todos los países ». Dans la liste des 75 auteurs classiques et contemporains annoncés par El Eco de los Folletines, un seul est espagnol (Cervantes), 5 sont allemands, 1 italien, 11 anglais, et tout le reste français. Le succès d’une œuvre en France est d’ailleurs un argument commercial utilisé, par exemple à propos des Mystères de Paris et de sa nouvelle traduction effectuée à partir de la dernière édition (cf. Las Novedades, 25-9-1854). Quant à lui, El Eco de los folletines « se consagrará a recoger las producciones que más fama alcancen ; ya sean de mero recreo, como novelas, obras dramáticas, etc., ya reúnan a la amenidad la instrucción, como sucede en los viajes, poemas célebres, etc. ; ya en fin sean meramente instructivas, como las históricas, filosóficas y políticas : estos diferentes géneros de libros alternarán en nuestra publicación, de forma que a todos proporcionaremos lecturas de su agrado.

            Los folletines de los periódicos han llegado a ser en el extranjero los que dan a conocer las obras, y los que presentándolas al público, recogen las primicias de la aceptación de un libro, o sufren los reveses de la indiferencia con que se recibe : El Eco de los folletines será pues el archivo de todo lo nuevo que obtenga mejor éxito, y de todo lo publicado que le haya tenido completo.

No citaremos aquí las obras que tenemos preparadas, porque este género de anuncio está sumamente gastado ; lo que sí diremos es que los autores más célebres del extranjero figurarán en nuestra colección, y que procuraremos que con los trabajos de estos alternen los de escritores españoles de reputación.

Todas las obras se darán ilustradas con preciosos grabados, no pocos de grandes dimensiones, y todos de buen tamaño ».

[12] La Biblioteca Universal  comportait deux séries, l’une consacrée aux livres historiques et l’autre aux « obras más notables de la literatura europea» et, avec la publication de la Biblia,  « da un paso más hacia la realización completa del plan que nos propusimos seguir cuando fundamos nuestra Biblioteca, estableciendo una tercera serie destinada a propagar obras serias de sólida instrucción, nociones de utilidad general » (Bibl. Univ. 1851). Elle a également eu une « sección médica », sous la direction de José Gutiérrez de la Vega (cf. Cátalogo Colectivo del Patrimonio Español).

[13] Les six séries de cette bibliothèque étaient publiées de lundi à samedi (1a Lunes : Historia y crónicas ; 2a Martes : Novelas, Viajes, Teatro, Poesía ; 3a Miércoles : Religión, Historia Sagrada, Teología, Filología, Agricultura ; 4a Jueves : Filosofía, Jurisprudencia, Legislación, Administración, Economía política ; 5a Viernes : Ciencias Naturales, Medicina, Cirugía, Farmacia ; 6a Sábado : Libros para la infancia, Educación, Instrucción, Diversión).

[14] « unas esencialmente instructivas ; otras principalmente recreativas » (Bibl. Il. 1850).Selon Gaspar y Roig (Bibl. Il. 1850), la première œuvre publiée dans la première « sección » sera Historia de la vida y viajes de Cristóbal Colón de W. Irving (le 20 nov. 1850) et la première de la deuxième série : Nuestra Señora de París (le 5 nov. 1850), en quatre livraisons, suivi de Los Españoles pintados por sí mismos, et de Escenas matritenses. Une « sección exclusivamente científica » était envisagée, « a fin de que el padre de familia, suscrito a nuestra Biblioteca, encuentre en ella cuanto pueda necesitar para su propio entretenimiento, para recreo de sus hijas y para enseñanza de los hijos que destine a seguir una carrera literaria » (Bil. Il. 1850). Telle ou telle série peut, en outre, comprendre des sections, comme la 5e série de la Biblioteca Universal Diaria (Las Novedades, 9-11-1852).

[15]  A titre d’exemples, ces arguments extraits du discours éditorial de Gaspar y Roig ( un « in 4°elegante de cómoda lectura » ; « la Biblia más completa que ha salido hasta el día y la de

más cómoda lectura », « encerrará en letra muy clara un tomo en 8° íntegro de las ediciones

ordinarias » ; [la letra] « reúne las dos circunstancias de clara y compacta indispensable en una biblioteca económica ») ou de Fernández de los Ríos (« la [colección] más abundante en lectura y la más barata de todas las colecciones de libros » (Las Novedades. 7-2-54). Gaspar y Roig (Bibl. Il. 1850) mettent en avant « la  limpieza de [sus] ediciones » et assurent que  « los  pliegos interiores estarán tan bien estampados como los exteriores » ;  « la edición será esmeradísima, en papel superior satinado, con tipos nuevos fundidos expresamente » (Bibl. Univ. 1851).

[16] C’est ce que dit Las Novedades du  25-9-1854, à propos de la traduction des Mystères de Paris : « Es preciso ver de qué manera han solido dar vida a los personajes de los Misterios de París los dibujantes de esta edición ; es preciso contemplar como están representadas las escenas de la obra de Sue, para apreciar debidamente el realce que adquiere con la ilustración

que la adornan ». C’est la seule référence à cette dimension de l’illustration dans le discours éditorial à propos des bibliotecas ilustradas, mais on se souvient de ce qu’on disait à l’époque : « sans les dessins, il est impossible d’arriver à l’éducation complète des hommes, grands et petits » (« Des moyens d’instruction. Les livres et les images », Le Magasin universel, n° 13, 1833) ;  « une bonne partie du genre humain ne saura jamais lire qu’à moitié dans un livre sans image » (apud Vuaroqueaux, 2005, II, 363).

[17] Leur nombre est presque toujours précisé par avance: 131 « magníficos grabados », par exemple,  pour la Enciclopedia de Historia Natural de Chenu. Dans les bibliothèque populaires illustrées, il s’agit presque exclusivement d’illustrations gravées sur bois et intercalées, comme pour la première publication de la troisième série de la Biblioteca Ilustrada, La Santa Biblia « ilustrada con preciosísimos grabados en madera, copiados de los mejores dibujantes, de los cuadros inspirados a los pintores más célebres, por los pasajes evangélicos y bíblicos ». Dans leur catalogue de 1868 (Catálogo, 1868), Gaspar y Roig annoncent également des éditions illustrées de « láminas sueltas» « negras » et parfois « iluminadas a la aguada » , une édition de la Vida de Guzmán de Alfarache « ilustrada con 230 grabados y una lámina fina sobre acero », une Historia general de España« adornada con una multitud de preciosos grabados y láminas sueltas en acero y en boj », etc.

[18] « faltaba en España una Biblia popular, es decir, de fácil adquisición y al mismo tiempo de lectura cómoda y agradable », dit Fernández de los Ríos (Bibl. Univ. 1851), en présentant la 3e série de la Biblioteca Universal.

[19]  « Las combinaciones tipográficas introducidas por nosostros nos permiten ofrecer una baratura casi increible », affirme la Biblioteca Universal, en vantant la « composición a dos columnas con objeto de ahorrar espacio » (Bibl. Univ. 1851).

[20] Il s’agit d’éditions « enteramente completas y correctas », qui peuvent être réunies dans un seul tome de la Biblioteca Universal, pour 20 réaux,  alors que dans des « ediciones comunes, forman veinte volúmenes » ; selon Gaspar y Roig, « ninguna entrega contendrá menos letra que un tomo de en 8° de los que se han llamado tales hasta haberlos reducido a cuadernos ». « Chacune de nos livraisons ornée de 6 gravures contient la matière d’un volume in-8° et ne coûte que 20 centimes », assure Le Panthéon Populaire Illustré (apud Vuaroqueaux, 2005, II, 522).

[21] Selon Gaspar y Roig (Bibl. Il. 1850), qui prétendent d’ailleurs éditer des œuvres « que más han costado hasta el día », de préférence «  a las de pocos volúmenes »,  « en un año se puede adquirir por 78 rs. 78 tomos de otras ediciones que costarían cuando menos 800 rs. », et l’on sait (Botrel, 2004) qu’en édition économique, le prix de Los Españoles pintados por sí mismos passe de 200 à 20 réaux. Un bon compendium des différents paramètres à l’œuvre est fourni dans la présentation du dernier avatar de ces bibliotecas, El Eco de los Folletines : « un cuaderno mensual de 10 entregas, 160 páginas de a 4200 letras, o sea en todo 632 000 letras, 320 columnas, con 40 à 50 magníficos grabados y cubierta de color, por 4 rs en Madrid y 5 en provincias. Todos los trimestres formará un tomo de 480 páginas, 960 columnas con 120 a 150 grabados que habrán importado 12 rs a pesar de contener doce obras que en ediciones comunes forman doce tomos ».

[22] « es preferible tener todas las obras de un autor en un mismo tamaño y que sea iguales todos los volúmenes de una estantería ».

[23] « hace 7 años que estamos publicando incesantemente obras ilustradas », rappellent Gaspar y Roig en 1850, en présentant la nouvelle série de la Biblioteca ilustrada, « publicación destinada por la modicidad del precio a poner por primera vez los libros al alcance de todas las fortunas ».

[24] Gaspar y Roig (Bibl. Il. 1850) insistent sur « el gran beneficio que hacen a un país las bibliotecas económicas […] al facilitar a las fortunas más reducidas libros que de otra suerte no podrían poseer jamás ». Quant à la  Biblioteca Universal, elle est « destinada por la modicidad del precio a poner por primera vez los libros al alcance de todas las fortunas ».

[25] Une publication chaque jour de la semaine (sauf le dimanche) est ce qu’envisage la Biblioteca Diaria Universal, mais en 1854, il semble préférable El Eco de los Folletines (Las Novedades, 7-2-1854) « en vez de repartir las entregas una por una […] ya que el desembolso es tan insignificante, (de) reunir todas las del mes en un cuaderno con cubierta cosida ».

[26] El Eco de los Folletines (Las Novedades, 7-2-1854) : « Respecto a la puntualidad con que se repartirá uno [un cuaderno, JFB] por mes, basta decir que tenemos los tres primeros impresos y concluidos, y que siempre llevaremos la publicación con el mismo adelanto : en punto a exactitud, podemos dar todas las garantías imaginables ».

[27] Gaspar y Roig se donne quelques garanties à cet égard en exigeant un dépôt de 6 réaux (remboursables) et en ne permettant aucune interruption dans les souscriptions (Bibl. Il. 1850). En 1868 (cf. Catálogo 1868), pour certaines œuvres de sa Biblioteca Ilustrada, Gaspar y Roig proposeront une acquisition par séries de quatre livraisons,  ou à raison d’un tome par mois.

[28] Comme il a été dit (note 10), les six séries de cette bibliothèque étaient publiées de lundi à samedi et on pouvait y souscrire séparément. En province, les envois n’étaient cependant effectués que deux fois par semaine (Alonso, 2002, 161).

[29] « tomos in 8° de los que se han llamado tales ».

[30] Avant 1850, on compte en Espagne seize titres de magazines pittoresques, sept de « musées » et quatre « illustrations » (Alonso, 1996, 49-51).

[31] Les ateliers d’impression sont ceux des publications périodiques (le Semanario Pintoresco Español et La Ilustración, pour El Eco de los Folletines, par exemple), et les points de souscription coïncident souvent avec ceux des journaux (Las Novedades pour les Misterios de París, par exemple), avec une évidente osmose entre livre et presse, celle-ci étant par ailleurs le lieu privilégié de la publicité (voit par exemple le Semanario Pintoresco Español du 11-7-1852 où est annoncé Luis XIV y su siglo, œuvre avec laquelle Fernández de los Ríos  « va a inaugurar la colección de las obras de Alejandro Dumas, en la segunda serie de la Biblioteca Universal ».

[32] Comme El Eco de los folletines, dérivé du feuilleton de Las Novedades (« las mismas formas tipográficas se utilizaban para el periódico y para El Eco de los folletines », observe justement Cecilio Alonso (courrier à JFB), en donnant  comme exemple Inés de las Sierras et Palabras de un creyente),  outre les livres conçus pour être offerts comme primes aux abonnés. Inversement le Semanario Pintoresco Español publie en 1852 (pp. 372-373) deux illustrations  de los Tres mosqueteros » (pp. 372-373) et deux autres Caballero de Lys  (p. 397). Dans la « tabla de grabados » de cette revue, on trouve d’ailleurs une rubrique : « Escenas de novelas ».

[33] Comme la presse, les bibliothèques populaires illustrées se présentent sous une manchette en forme de bandeau allégorique comportant deux cartouches latéraux (ladillos) pour les mentions administratives, celui-ci étant plus ou moins invariable, celui de la Biblioteca Universal étant celui qui semble avoir changé le plus souvent puisqu’on on en dénombre quatre différents. Sous le bandeau est présenté l’élément variable de la bibliothèque, c’est-à-dire le titre de chaque œuvre. 

[34] Pou sa série « intructiva », la Biblioteca Ilustrada propose ainsi « dos entregas al mes, los días 5 y 20 », puis une chaque semaine, et pour sa série « recreativa », une chaque jeudi, et on a vu que pendant un temps la Biblioteca Universal a pu avoir un rythme quotidien, avec la publication du lundi au samedi de ses six séries.

[35] Ce système de collection (cf. Botrel, 2002) s’appliquait aux revues illustrées dont la pagination était continue et qui étaient destinées à être reliées.

[36] Sur Ángel Fernández de los Ríos (1821-1880), fascinant capitaine d’industrie éditoriale, voir l’étude de Cecilio Alonso (2002).et notamment le bilan de sa situation entant qu’éditeur en 1857 (p. 150).

[37] Dès 1850, dans le prospectus de la Biblioteca Ilustrada (Bibl. Il. 1850), Gaspar y Roig dénoncent la concurrence qui leur est faite par la Biblioteca Universal, avec ses livraisons à un real qui supposent l’utilisation de clichés d’illustration d’origine étrangère (de moindre coût : de 1 à 6 francs quand la production d’illustrations espagnoles revient entre 25 et 100 pesetas), tout cela étant synonyme de « ruina de las artes y trastorno de las costumbres literarias ». Sur Gaspar y Roig, voir Botrel (2003). L’une et l’autre maison d’édition eut recours à la collaboration de directeurs de collections : Eduardo Chao (1822-1887) pour la Biblioteca Ilustrada et José Gutiérrez de la Vega pour la « sección médica » de la Biblioteca Universal.

[38] S’agissant des illustrations, par exemple, la Biblioteca Ilustrada (Bibl. Il. 1850) assure offrir « doble número que cualquier biblioteca análoga », ainsi que des œuvres « enteramente completas y correctas », imprimées et avec le nombre d’illustrations de qualité « offertes » conforme aux engagements (sous-entendu, à la différence de la Biblioteca Universal). Même par rapport à des éditions antérieures de la même maison, « nuestras ediciones serán mejores que las hechas hasta el día por ir ilustradas ». De son côté, la Biblioteca Universal dénonce les « imitaciones de que es objeto » (Bibl. Univ. 1851).

[39] « la más abundante en lectura y la más barata de todas las colecciones de libros ».

[40] Les conditions exposées dans Las Novedades du 7-2-54 étaient les suivantes : « 10 entregas de a 16 páginas en 4° con 3 a 5 grabados cada una por 13 mrs (maravedises) ou 4 rs (16 en provincias/5 rs) : cada entrega contiene más de doble lectura que los antiguos pliegos a dos cuartos y sale a un cuarto y medio a pesar de tener grabados ». « Un cuaderno mensual de 10 entregas, 160 páginas, 320 columnas en 4°, con 40 o 50 magníficos grabados y cubierta de color, por 4 rs. en Madrid y 5 en provincias. Todos los trimestres formará un tomo de 480 páginas, 960 columnas, con 120 a 150 grabados, que habrá importado 12 rs. ». De plus, « no se exige nada por portadas ni cubiertas ».

[41] Une approche systématique de ces bibliothèques depuis la bibliographie matérielle se heurte aux  difficultés signalées par Vuaroqueaux (2005) : les quelques exemplaires du fonds Pollès conservés à la Bibliothèque de Rennes Métropole, la consultation des quelques exemplaires existant à la Biblioteca Nacional de España (y compris tel prospectus utilisé comme contreplat pour la reliure d’un tome  (BNE 1/15903) de la Biblioteca Universal ; cf. Bibl. Univ 1851) et les informations de première main fournies par Cecilio Alonso à partir de la collection qu’il a réunie et de sa documentation ont néanmoins permis de considérer les éléments des collections et les collections elles-mêmes autrement que comme de simples références bibliographiques par ailleurs généralement peu attentives aux spécificités de ces ouvrages et collections. Il faut dire que les constantes modifications apportées dans la dénomination, la présentation ou la classification de ces bibliothèques, constituées, en outre, de cahiers, livraisons et fascicules de médiocre conservation, ne facilitent pas la tâche…

[42] Dans l’édition de 1846 par J.-J. Duhochet et Le Chevalier et Cie, la composition de Jérôme Paturot représentait environ 1 100 000 caractères contenus dans 456 pages in-4°,   avec environ 150 illustrations : dans la Biblioteca Universal, le texte de l’édition de Gerónimo Paturot est réduit à  870 000 caractères contenus dans 82 pages in-4°, avec 21 illustrations.  Il s’agit, on le voit, d’un changement radical de forme qui permet —autre exemple— aux 5 tomes in 16° jusqu’alors requis pour l’édition de Quentin Duward de W. Scott et vendus au prix de 20 réaux d’être, dans la Biblioteca Ilustrada, réduit à un volume comprenant 30 illustrations et vendu 6 réaux à Madrid et 9 en province (Catálogo, 1868).

[43]  Gaspar y Roig, en 1850 (Bibl. Il. 1850), dénoncent l’emploi systématique par la Biblioteca Universal de « grabados franceses estereotipados (clichés) y son usados, mejor porque son más baratos », avec pour conséquence le risque que le dessin et la gravure disparaisse en Espagne ; « todo se reduce a copiar, plana por plana y línea por línea, la publicación extranjera que se toma por modelo », dénoncent-ils. Quatre plus tard, El Eco de los Folletines qui succède à la Biblioteca Universal, continue à importer des clichés de France mais promet de ne pas « oublier » les gravures espagnoles (Las Novedades,  7-2-1854). Dans les collections espagnoles, le nom des illustrateurs est rarement mentionné (on peut, par exemple, comparer l’édition de Jeanne de Naples par Havard,  avec « Dessins par J.-A. Beaucé. Gravures par A. Lavieille » (cf. Illust. 1) et l’édition de Juana de Nápoles, dans la Biblioteca Universal (cf. illust. 2), où les mêmes illustrations sont devenues anonymes) et jamais comme argument publicitaire (comme celui de Bertall pour les Romans populaires illustrés de Barba). Il est évident que le prix des livres dépend du caractère original ou non de l’illustration : le coût de production d’illustrations originales étant très élevé, la réutilisation de matrices existantes (ou leur reproduction) permet des économies importantes (cf. Botrel, 2011). D’une façon générale, le prix de vente du livre est subordonné au nombre de pages mais aussi au nombre et aux caractéristiques des illustrations : c’est ainsi, par exemple, que chez le même éditeur (Gaspar y Roig) la première édition des Fábulas en verso castellano de Miguel Agustín Príncipe, avec des planches hors-texte, est vendue 40 réaux quand la 2e édition « económica » ne vaut que 24 réaux ; le tome 1 de  Tres reinos de la naturaleza  est vendu 29 réaux avec des « láminas negras » et 69 avec des « láminas iluminadas ».

[44] C’est le cas, par exemple pour Nuestra Señora de París de la Biblioteca Ilustrada où certaines illustrations de l’édition de Notre Dame de Paris par Perrottin, en 1846, sont recadrées, dans la Biblioteca Universal pour El mundo tal cual será de Souvestre (à partir des illustrations de l’édition de 1846) ou de Jerónimo Paturot, à partir de l’édition de 1846 chez J.-J. Dubochet -Le Chevalier.

[45] C’est en tout cas une pratique que Gaspar y Roig (Bibl. Il. 1850) attribue à la Biblioteca Universal qui, toujours selon Gaspar y Roig, fait travailler ses traducteurs 12 heures par jour (« ajustados los traductores a trabajar doce horas al día »).

[46] Dans la Biblioteca Ilustrada (Bibl. Il. 1850) elles seront la plupart du temps de « tres pliegos de impresión », et d’autres fois de quatre, mais « ninguna entrega contendrá menos letra que un tomo de en 8° de los que se han llamado tales en España hasta haberlos reducido a cuadernos ». Dans cette même bibliothèque (Catálogo, 1868), Los Mártires de Chateaubriand « consta de 7 entregas con 23 magníficos grabados » et 191 pages (27 cm) ; dans la Biblioteca Universal , Juana de Nápoles de Molé-Gentihomme traduit par José Manuel Carvalho, comprend deux entregas : la n°  63 (pp. 1-24)  et la n° 24 (pp. 25-44). Mais pour El Eco de los Folletines, chaque entrega est de 16 pages  in-4°, et en 1868, Gaspar y Roig (Catálogo, 1868) précisent que  « cada entrega consta de 8 grandes páginas o sean 16 columnas de impresión y mucha lectura, con grabados intercalados en el texto ». Parfois la livraison comprend une fraction de pliego (8 ou même 4 pages).

[47] Chaque entrega de la Biblioteca Ilustrada (Bibl. Il. 1850) est proposée pour un réal 1 (1.5 en province) et coûte 4 réaux acquise séparément.

[48] Le Museo de las Familias, la revue madrilène la moins chère à l’époque, était vendue 3 réaux (Alonso, 1996, 36). Le pain de deux livres, en 1850, valait un peu plus d’un réal (à Madrid) et les deux réaux nécessaires à l’acquisition de El diablo mundo représentaient en 1850, un quart du salaire quotidien d’un manœuvre mais les 400/500 réaux nécessaires pour l’acquisition des 10 tomes de l’Historia universal de César Cantú, équivalaient à 16 ou 20 jours de salaire d’un responsable de Mont-de-Piété (9000 réaux/an). Les prix des fascicules de la Biblioteca Universal variaient entre 2 et 4 réaux, selon le nombre de pages.

[49] Dans la Biblioteca Universal, par exemple, une œuvre comprenant 2 entregas (soit 32/40 p. avec 12 illlustrations) est vendue 2 réaux ; une œuvre de 3 entregas (56 p. avec 19 illustrations), 3 réaux; de 4 entregas (88 p. avec 21 illlustrations), 4 réaux.

[50] Voir la note 10. A un certain moment, Fernández de los Ríos se trouve dans l’obligation de signaler aux abonnés et souscripteurs de La Ilustración et de la Biblioteca Universal que « el aumento de lectores que ha tenido La Ilustración […] y el número de ellos que reúne hoy la Biblioteca en sus diferentes series y secciones ha excedido a nuestros cálculos de tal modo que no solo hemos agotado el gran repuesto de papel que teníamos, sino que todos los almacenes de Madrid no pueden surtirnos del consumo que hacemos de esta primera materia. Aun cuando inmediatamente que hemos notado la necesidad de aumentar nuestros pedidos a las fábricas se han tomado medidas para que ninguna serie sufra retraso, para dos de ellas nos falta papel hasta principios de la semana próxima en que volverán a seguir su marcha normal » (Information de C. Alonso).

[51] En effet, pour atteindre le nombre de pages requis pour un pliego ou toute autre fraction, l’éditeur se trouve parfois amené à compléter la publication d’une œuvre avec une autre œuvre de taille adéquate mais sans rapport avec l’œuvre principale. C’est ainsi qu’à la publication de Gerónimo Paturot (83 pages) s’ajoute celle de Pan y toros, attribué à Jovellanos (pp. 83-86) et de Consejos para hacer fortuna (pp. 87-88), pour atteindre 88 pages, car il s’agit avant tout de respecter les termes du contrat portant sur la quantité.    

[52]  Une « cubierta cosida que las proteja de ensuciarse y de extraviarse »,  dit El Eco de los Folletines.

[53] Dans le cas de la Biblioteca Universal, il semble que cette manchette ait mis du temps à se stabiliser puisqu’on compte pas moins de quatre versions, toutes empruntées à des modèles français. En revanche, celui de la Biblioteca Universal —original— ne semble pas avoir varié.

[54] Gaspar y Roig offrent une « portada general » quand il s’agit de la collections d’œuvres d’un même auteur. Dans le cas de la Biblioteca Universal, les trois tomes analysés comportent une page de titre spécifique.

[55]  S’agissant de la Biblioteca Universal, les 3 tomes conservés à la Biblioteca Nacional de España comprennent, un nombre variable de livraisons ou fascicules (t. I : 21 entregas,  10 fascicules, 14 titres,  397 p. ; prix : 20 rs (BNE 1/15903); t. III :12 fascicules, 16 titres,  342 p. (BNE 1/15904). Un autre tome (BNE 7/169801), contient 8 fascicules et 10 titres pour 537 p. La collection de El Eco de los Folletines, quant à elle, comprend, selon la BNE,  9 tomes, soit 0. 26  m linéaire. Les œuvres reliées ne correspondent pas toujours à celles annoncées, sans doute parce que la reliure est le fait de particuliers, avec pour conséquence quelques ajouts manuscrits sur la page de titre (dans le tome I conservé par la BNE, par exemple, il manque Pablo y Virginia mais est inclus El vicario de Wakefield ; dans BNE 7/169801, El Arte de brillar en sociedad est relié avec des œuvres d’autres séries.

[56] Par rapport aux 75 auteurs annoncés dans Las Novedades du 7-2-1854, seuls 16 ont vu leurs œuvres publiées dans les sept premiers tomes (manque le n° 6) de El Eco de los Folletines  (onze œuvres de Sue, une seule de Dumas, Hans de Islandia,  3 de W. Scott). En revanche, on trouve des œuvres de 7 auteurs non annoncés et davantage d’auteurs espagnols (Carlos Rubio et Pedro Gambara (6 œuvres), Pedro Antonio de PA Alarcón (deux), etc.).

[57] A titre d’exemple, El Eco de los Folletines, réédite Gerónimo Paturot, publié peu de temps auparavant dans la Biblioteca Universal, du même éditeur. A cela, il faut ajouter le fait que pour certains titres, Fernández de los Ríos et Gaspar y Roig peuvent se trouver en concurrence avec d’autres éditeurs : c’est le cas de la Bible publiée dans la Biblioteca Ilustrada (La Santa Biblia  traducida al español de la Vulgata latina y anotada conforme al sentido de los Santos Padres ... por Felipe Scio de S. Miguel, Madrid, Gaspar y Roig, editores, 1852-1854, 5 v., également proposée par la Librería Religiosa de Barcelone, en 6 volumes 1852-1854 (Imp. de Pablo Riera, 1852-1854), qui est concurrencée par celle de la Biblioteca Universal (cf. Bibl. Univ. 1851).

[58] « Esparcir la afición a la lectura », dit El Eco de los Folletines (Las Novedades,  7-2-1854).

[59] Botrel J.-F., « Gaspar y Roig et le rêve américain des éditeurs espagnols (1845-1861) », R. Andréani, M. Roland, H. Michel, E. Pélaquier, Des moulins à papier aux bibliothèques. Le livre dans la France méridionale et l’Europe méditéranéenne (XVIe-XXe siècles). Actes du colloque tenu les 26 et 27 mars 1999 à l’université de Montpellier III, Montpellier, Université Montpellier III, 2003, p. 270.

[60]  Dans un cas, dans un bandeau signé [Célestin] Nanteuil et Pouget (cf. El arte de brillar en sociedad),  l’abondance de toute sorte de biens culturels déversés par une implicite corne d’Amaltée, est suggérée comme  étant réservée aux futurs lecteurs, el l’occurrence un enfant. 

[61] Au moment de lancer sa troisième série, la Biblioteca universal (Bibl. Univ. 1851) annonce que « casi todas las obras impresas desde la fundación de la Biblioteca, no obstante lo numeroso de la tirada » sont épuisées.

[62] « El número de grabados, mayor en uno que en otro cuaderno, no alterará la cantidad de lectura » (Las Novedades,  7-2-1854).

[63] « Como no entra en nuestro sistema de publicidad servirnos de los periódicos que dirigimos para elogiar las obras, ni vice-versa, nos contentaremos como siempre, con rogar a los lectores de este periódico que se acerquen al Centro de suscriciones o a los comisionados, para examinar la primera entrega, por la cual podrán formar idea de lo que va a ser la edición » (Semanario Pintoresco Español, 11-7-1852, p. 217). Cette même recommandation qui a valeur de mise en garde est faite par Gaspar y Roig (Bibl. Il. 1850) qui rappelle que  « el suscritor, no debe pues tener en cuenta las entregas sino las obras ; más claro : lo que le importa ver con todo cuidado es, si le damos las obras en el precio marcado en el prospecto ; si se las damos enteramente completas y correctas, y si la impresión es en la letra del prospecto, y con el número y calidad de grabados ofrecidos ».

[64] On peut imaginer que les résultats des différentes collections espagnoles restèrent loin de ceux du Panthéon Littéraire Illustré : 746 livraisons, dans 137 fascicules et 38 volumes, entre 1850 et 1858,  avec des tirages à 10 000 exemplaires et des réimpressions, selon Vuaroqueaux (2005, II, 522).

[65] Soit 430 exemplaires de chaque titre,  puis seulement 300 (Botrel, 2003, 276).

[66] Le fait qu’il s’agisse d’une bibliothèque illustrée ne suffit pas à caractériser la collection (cf., par exemple, la Biblioteca ilustrada de Espasa Hermanos à Barcelone à partir de 1864 ou celles de Joaquín Vinardell et Víctor Pérez) et la Biblioteca Ilustrada de Gaspar y Roig comprend, en 1868,  des œuvres de statut très différent : un Atlas geográfico de España ou un Mapa de España y Portugal (« estampado en papel grueso y  bien iluminado por provincias (4 pies de largo y 3 de alto) […] puede servir también de adorno en cualquier despacho o bufete) que trois tomes du Semanario popular (« periódico pintoresco ») ou l’Orlando furioso et Maltide o historia de las cruzadas de Mad. Cottin… Au catalogue de Gaspar y Roig, en 1868 (Catálogo, 1868), figurent encore 64 titres, plus les Obras completas de Chateaubriand (19 titres en 4 « grandes tomos ») et des Obras de D. Manuel Fernández y González (14 titres en 8 tomes), mais plus Nuestra Señora de París, par exemple.

[67] Si les feuilletons publient essentiellement des traductions, les romans par livraison affichent en revanche un caractère plus « national », c’est-à-dire espagnol.