DE LA MANCHE A L'OCÉAN A L'AVIRON

                                           

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

 

1.    Le projet

2.    Antécédents connus

3.    Histoire d’une organisation

4.    La logistique

5.    L’embarcation

6.    Des hommes (et des femmes) dans un bateau

7.    Naviguer au fil et au ras de l’eau

8.    La voie verte et bleue

9.    Vus du fleuve ou du canal

10. Échanges et rencontres

11. Un petit événement dans les médias

12. Les comptes de la randonnée

 

13. SUGGESTIONS ET PROPOSITIONS

 

 

1. Le projet. Parcourir à l'aviron, entre le 24 septembre et le 4 octobre 2008 les quelque 250 kms de la voie navigable, dans ses parties maritime et fluviale, reliant, du nord au sud de la Bretagne, le barrage de la Rance au barrage d'Arzal, via Dinan, les "onze d'Hédé", Rennes et Redon, avec ses 63 écluses, en 11 étapes, sur la yole de mer "Ville de Rennes", avec un équipage de base constitué par 5 retraités et un actif (moyenne d'âge: 63 ans), ponctuellement rejoint par d'autres rameurs et rameuses, à raison de 25 kms et de 6 heures par jour en moyenne et d'un total de 45 000 coups d'aviron chacun.

Tester les installations existantes, notamment en matière d'équipement nautique, d'hébergement et de restauration, sur un parcours qui traverse plus de 30 communes et 25 cantons, d'Ille et Vilaine, des Côtes-d'Armor, du Morbihan et même de la Loire-Atlantique (Beslé, Saint-Nicolas de Redon) et qui, pour totalité ou pour partie, pourrait  être ainsi proposé aux  adeptes de la randonnée fluviale, sous forme d'une randonnée nationale labellisée annuelle ou de parcours individuels, avec la production d'un guide spécifique approprié aux besoins des randonneurs à l'aviron ou à la pagaie, pour une demande en progression.

Faire la promotion de la liaison fluviale (verte et bleue) Manche-Océan, de l'aviron et des sports-promenade au fil de l'eau, pour tous les âges, en rencontrant des élus municipaux, départementaux et régionaux, et en associant ponctuellement les associations concernées par les sports nautiques.

Le projet comportait donc plusieurs volets et le bilan qui suit peut donc être pris sous de multiples angles, selon les intérêts de chacun.

        

 

2. Antécédents connus:

En passant par la Vilaine. De Redon à Rennes en 1543, (Mauger, Michel (dir.), Rennes, Apogée, 1997);

le Guide (réalisé pour le Touring Club de France) des voies fluviales Dinan à Nantes, by Julien Boistel and Albert Glandaz (Paris, Hachette, 1897),

Mr. & Mrs L. Chase en 1913 (Dinan-Redon-Chateaulin) (cf. A Vagabond Voyage Trough Brittany by Mrs. Lewis Chase, London, 1915),

Rennes-Angers, en 1922,@@@@ par une yole de mer de la Société des Régates Rennaises

René Patay et André Lwolff sur "Cigogne" en 1925 (Paris-Nantes-Redon-Rennes) (cf. Le Héron, En Canoë. De Paris à Rennes, s.l., s.d.),

de jeunes rameurs d'Erlangen "pour l'Europe",

des rameurs hollandais (selon l'éclusier de Pont-Réan),

Jean-Baptiste Picot (Dinan-Arzal),

Mais pour le trajet Barrage de la Rance-Barrage d'Arzal effectué en continu, "Manche-Océan à l'aviron" semble bien être une "première ».

 

3. Histoire d'une organisation. Il s'agissait d'une idée ancienne de Nautisme en Ille et Vilaine (NIV) et du Comité Départemental des Sociétés d'Aviron (CDSA); la Société des Régates Rennaises (SRR) en a finalement pris l'initiative. Après une première réunion avec NIV, mi-mars, et l’Institution du Canal d’Ille et Rance  Manche Océan Nord (ICIRMON), le 21 mars, une première réunion formelle, le 7 avril 2008 (suivie de quelques autres), a permis de constituer un équipage de base, de définir les objectifs et les onze étapes, de s'accorder sur les modalités. Des repérages et l'information des partenaires potentiels ont été assurés avec l'appui de Nautisme en Ille et Vilaine et, à travers lui, du  Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) avec les conceptions graphiques de Loïc George. Au total une centaine de lettres ont été adressées aux différents partenaires potentiels, puis aux associations concernées par le nautisme, aux maires, aux conseillers généraux, et quelque 150 courriels échangés, indépendamment des conversations téléphoniques; des entretiens fructueux ont eu lieu avec J. Lissilour (Conseil Général d’Ille et Vilaine), M. Gautier (Président de l'ICIRMON), J.-L. Chenut (Conseiller Général, Délégué aux Sports) et E. Perpère (Direction des Sports du CG35), le Comité départemental du Tourisme, Jeanne Bansaye (Ville de Rennes). Le projet a bénéficié du parrainage de l'ICIRMON, du CDSA, de NIV, de la Région Bretagne, du Conseil Général d'Ille et Vilaine et de l'appui financier de la Région Bretagne, du Conseil Général d'Ille et Vilaine, de Charier TP et de la Communauté de communes du Val d'Ille.

Le suivi de la randonnée a été assuré par NIV (Stéphane Letourneur et Gérard Édet, de St-Médard à Rennes et de Pont-Réan à Messac-Guipry) et le CDSA (Catherine Bruneau entre  Pont-Réan et Messac-Guipry, avec un bâteau de sécurité de la SRR).

Au total, la conception et l'organisation de la randonnée semblent satisfaisantes, avec une réalisation en conformité avec le projet (sauf pour les 28-29 septembre où "Ville de Rennes" aurait pu être accompagnée d'une ou plusieurs yolettes de la Section Loisirs de la SRR), et même au delà à certains moments (cf. l'accueil aux étapes, par exemple). On observe une bonne réponse des associations, des maires (sauf deux), des conseillers généraux (trois des Côtes d'Armor, dont Robert Nogues, Vice-Président de l'ICIRMON) et neuf d'Ille et Vilaine, dont le Président du Conseil Général (représenté à Hédé) et la première Vice Présidente (présente à Rennes) et du Conseil Régional de Bretagne représenté à Redon.

 

4. La logistique: En plus de la yole "Ville de Rennes", d'un chariot et des brassières de sauvetage, l'équipage disposait d'un camion (Jumper) avec une remorque  et de deux bicyclettes; de matériel de camping; de vêtements uniformes (shorts  et casquettes noirs, maillots rouge du CG35, maillots verts de Charier TP, maillots Manche-Océan spécialement réalisés pour l'occasion, sweat-shirts bleus avec écusson SRR, soit trois tenues au total) et personnels, d'aliments acquis d'avance, apportés par les rameurs  (par exemple, les pommes ou le miel de Redon) ou achetés au fur et à mesure (pain, charcuterie, fruits, etc.).), d'ustensiles de cuisine; d'une table et des bancs; d'un fauteuil pliant; d'un tarp (non utilisé).

L'hébergement a été assuré (pour des prix variant entre 18 et 0 euros) en Auberge de Jeunesse, camping (tente ou bungalows), et gîtes (qui permettent la préparation des repas et des petits-déjeuners), mais aussi grâce à l'hospitalité de N. et D. Durand et du club de Redon. L'hébergement en dur est préférable (meilleure récupération; il y a moins de matériel à gérer ; c’est un gain de temps), même si le camping a ses charmes (en belle saison) et est plus économique.

S'agissant de la nourriture, les aliments présentant des contraintes de de transport ou de conservation (à moins de  6 degrés, par exemple!)  semblent à proscrire; des repas froids sont tolérables pour le déjeuner, avec pain (sucres lents) et bananes (faciles à conserver); avec des repas chauds pour le dîner (restaurant, pâtes, etc.), et, dans la journée, des prises d'aliments réparties (cf. le trésor inépuisable de barres énergétiques conservées dans un bidon étanche), avec des thermos de café, de thé ou de soupes (ou des soupes déshydratées).

Un téléphone portable a permis d’assurer un secrétariat ambulant, y compris à bord.

S'agissant du matériel et des effets personnels, l'équipage aurait certainement pu faire l'économie de bien des choses

Pour l'assistance, un camion, de préférence fermé (qui évite de tant bâcher et débâcher…), semble indispensable, avec un système de rangement en bacs dédiés et libéré de la remorque (un système pour les vélos serait à installer).

 

5. L'embarcation. La yole de mer "Ville de Rennes" est une embarcation à quatre rameurs de pointe (avec barreur), en acajou et frêne, à clins rivetés en cuivre, pesant 95 kilos, d'une longueur hors-tout de 10 m 40, d'une largeur de 1m 14 (6 m 34 avec les avirons déployés) et un tirant d'eau de 16 cm, construite en 1961 par les Etablissements Palmero de Fontvieille-Monaco et restaurée en 2007 grâce à une subvention de la ville de Rennes.

Embarcation patrimoniale et vivante à la fois, elle avait été équipée d'un siège confortable pour le barreur, de sous-culs, de bandes velcro au lieu des courroies en cuir pour les barres de pieds, et de pelles Mâcon au lieu des pelles anglaises, de deux défenses et de deux amarres dont une avec un nœud de touline dû à Yvon Botrel.

Malgré un poids pouvant représenter  une difficulté pour un équipage de 5/6, au moment de la mise à l'eau ou de la sortie de l'eau, elle s'est avérée, par sa stabilité, son confort et sa qualité de glisse, particulièrement adaptée à ce type de randonnée, notamment pour les éclusages, les passages de ponts, le transport des effets personnels.

Sur l'eau ou montrée sur des tréteaux, elle a été admirée  par le public (cf. les commentaires). Pendant toute la randonnée, elle a arboré deux pavillons (Régates Rennaises, Conseil Général 35, Région Bretagne, Ville de Rennes , selon les jours) et des autocollants sur le bordé supérieur (des Régates Rennaises, du Conseil Général d'Ille et Vilaine, et de la Région Bretagne).

Sauf l'usure des manchons des pelles, des rails et coulisses à régler, un bordé recollé à Beslé, une gerce au niveau du barreur, et un tolet tordu à l'arrivée, aucun incident majeur n'est à signaler.

Ce type d'embarcation nécessite néanmoins un équipage plutôt aguerri et homogène (et pratiquant la pointe !). On pourrait concevoir un ber sur roues (trois roues repliables, avec sangles). Il faudrait apprendre à tous à lancer et à lover les amarres, à faire des nœuds d'amarrage pour les défenses et sur les pontons. Prévoir un sac de lest afin de pouvoir mieux équilibrer le bateau.

 

6. Des hommes (et des femmes) dans un bateau. L'équipage de base était composé de Jean-Pierre Allain (SRR), Jean-François Botrel (SRR), Louis Bourdais (SRR), Noël Glet (Société d’Aviron de Redon et Vilaine-SARV), Philippe Sudry (SRR) et Michel Touret (SRR), rameurs ayant une expérience plus ou moins longue de l'aviron (entre 55 ans et deux ans) et une diversité de parcours professionnels, mais avec la culture et la passion de l'aviron en commun ; il a été ponctuellement rejoint par Ivan Chasle (SRR), Hélène Lemaître (SARV), Nicole et Daniel Durand (SRR), Martine Surel (SRR), Geneviève Aubry (SRR), Jacqueline Barbin (CNF), Guy Paulus (SRR), et trois rameurs et rameuses de la Société d’Aviron de Redon et Vilaine.

Après quelques entraînements dans le courant du mois de septembre, l’état de santé —vérifié avant le départ; la liste des médicaments de chacun a même été établie— n'a pas connu d'altérations majeures pendant la randonnée si l'on excepte quelques bobos, des courbatures traitées pour certains avec arnica 9CH —les étirements prévus ont souvent été négligés— et une certaine fatigue à la fin. L'organisation de la journée, avec une moyenne de six heures d'aviron, a laissé suffisamment de place à la récupération et au sommeil (avec des heures de lever et de coucher raisonnables), même si une sieste aurait parfois été la bienvenue pour certains. Sur le plan physique, ramer régulièrement (comme courir) semble créer une sorte d'addiction (bénigne).

Le rythme suivi par des rameurs-voyageurs  qui pour la première fois ramaient onze jours d'affilée a permis de supporter l'effort dans la durée (avec des passages à la barre, à bicyclette ou en camion). Il faut dire que les conditions climatiques, mis à part la pluie et le vent de la première matinée et les violents grains  des derniers jours, ont été bonnes. A un seul moment, à Cran, le vendredi 3 octobre, après un sympathique déjeuner au soleil et à l’abri du vent pour certain(e)s, un grain particulièrement violent a failli atteindre le moral de l'équipage (resté blotti dans le Jumper); mais la détermination de l'équipage redonnais qui accompagnait "Ville de Rennes" a été plus forte.

S'agissant de la façon de ramer, malgré les suggestions de la nage et les observations techniques de Catherine Bruneau invitant à bien souffler et à "ramer droit et dans l'axe", elle ne s'est guère améliorée et s'est contentée de s'adapter aux conditions atmosphériques ("trois quarts de coulisse", voire "demi-coulisse" pour avancer contre les violentes rafales de vent), sans qu'on constate, par conséquent, de véritables changements dans les (mauvaises) habitudes installées. En revanche, sauf durant les passages les plus difficiles, les conversations, tenues (hors les moments d'éclusage et de repos) entre le barreur et la nage ou au sein du bateau, riches en apports de connaissances et d'expériences mutuelles mais aussi aptes à commenter l'envol d'un héron, ont été le signe de ce que, avec un rythme de 90 à 100 pulsations/ minute pendant l'effort pour l'un des rameurs, l'essoufflement ne guettait pratiquement personne.

À certains moments, le silence installé, juste rythmé par le bruit régulier des glissières et de coups d'aviron bien synchrones, a été savouré par chacun, en silence...

Au total, l'équipage réuni pour la première fois autour de ce projet a manifesté de façon quasi permanente une bonne entente et une bonne humeur, dans un état d'esprit bien convivial et avec une bonne intégration des renforts. Même les ronflements (ou cris et autres bruits) nocturnes ont été des motifs à plaisanteries. La répartition des rôles préalable (trésorier, par exemple) mais aussi "spontanée" (avec une quasi spécialisation à l'achat du pain, aux réparations, au rangement ou aux discours, etc.) et le partage des autres tâches ont été favorisés par l'adhésion à un contrat tacite et par le respect du déroulement prévu pour la journée (y compris des horaires et —plus difficilement— de la tenue vestimentaire).

La performance réalisée par des sexagénaires pour la plupart, une fois qualifiés de "sportifs de haut niveau" (!), peut être une belle illustration de ce que peut apporter la pratique du sport tout au long de la vie, des bienfaits du mouvement continu (ou presque) pour un organisme qui doit rompre avec ses habitudes (outre ramer, lever, porter, se baisser, s'accroupir, s’asseoir par terre, se coucher sur le sol, grimper, conserver son équilibre), etc., se consacrer de façon concentrée à différentes tâches plus ou moins familières (faire les courses, cuisiner, nettoyer, etc), mais aussi se souvenir de l'endroit (forcément inhabituel) où est rangé tel objet proche! Les habitudes alimentaires (pour le petit-déjeuner) ou d'hygiène sont, en revanche, très affirmées et respectées.

         L'idéal, pour une nouvelle expérience similaire, serait de pouvoir compter sur un équipage de 7 et de respecter impérativement le temps nécessaire aux échauffements et aux étirements.

 

7. Naviguer au fil et au ras de l'eau. Rappel des étapes et haltes:

24 septembre : La Richardais-Lanvallay-Dinan: (30 km , écluse du Chatelier). Halte à Plouer/Rance ;

25 septembre: Lanvallay-Dinan- Saint Domineuc: 23 km, 9 écluses, 8h. Halte à Evran;

26 septembre: Saint Domineuc- Hédé (après l'écluse de La Parfraire): 14 km ,12 écluses, 6h 30. Halte à Tinténiac;

27 septembre: Bazouges-sous-Hédé (après l'écluse de La Parfraire)-Saint-Médard-sur-Ille: 18 km, 14 écluses, 8h 30. Halte à Guipel;

28 septembre: Saint-Médard-sur-Ille- Rennes (Port Saint Martin): 22 km ,9 écluses,  7h. Halte à Betton;

29 septembre: Rennes- Pont-Réan (départ à 10h 30):  18 km, 7 écluses, 5h 30. Halte à Apigné;

30 septembre: Pont-Réan-Messac: 30 km, 5 écluses, 7h 30. Halte à  La Courbe en Bourg-des-Comptes;

1er octobre: Messac-Beslé : 25 km, 2 écluses, 5h 30. Halte à Sainte-Anne/Vilaine;

2 octobre: Beslé-Redon: 30 km, 0 écluse, 6h. Halte à La Chapelle-de-Brain;

3 octobre: Redon-Foleux : 25 km, 0 écluse, 5h. Halte à Cran;

4 octobre: Foleux-Arzal: 18 km, 0 écluse, 3h 30. Halte à La Roche-Bernard.

La navigation jusqu'au km 136 est rythmée par la longueur variable des biefs et le franchissement des 63 écluses (ouvertes de 9h30 à 12h35 et 13h35 à 19h entre le 15 septembre et le 5 octobre (mais l'éclusier de La Roche a bien voulu écluser « Ville de Rennes »  après 12h35), et il faut tenir compte des heures d'ouverture limitées et variables de l'écluse du Châtelier. On observe une très bonne coordination entre les écluses, avec, par conséquent, peu ou pas d'attente (sauf évidemment quand des bateaux arrivent dans l'autre sens, comme entre Dinan et Evran). Prévoir néanmoins une corne pour pouvoir prévenir l'éclusier (cf. Le Châtelier). Le franchissement des écluses s'est avéré d'une grande simplicité et sûr. Il représente un temps agréable de repos et d'échange entre les membres de l'équipage, avec les éclusiers ou les spectateurs. Même les onze d'Hédé n'ont entrainé aucune lassitude; au contraire, la montée fait que la yole entre dans la pénombre de l'écluse aval (niveau bas) aux parois humides et suintantes, herbues et glauques, qui vont contenir le bouillonnement de l’eau (à l' odeur fade) et qui va s'apaisant ; au fur et à mesure de la montée, elle  émerge à la lumière , permettant la découverte, à chaque fois renouvelée,  de la maison de l'éclusier, de l'éclusier(ère). L'inverse est également source d'un mystérieux plaisir et l'on observe d'ailleurs que l'éclusage semble toujours surprenant voire fascinant pour ceux qui y assistent (échos freudiens?).

S'agissant des pontons d'attente dont la hauteur est variable, pas seulement en fonction du niveau de l'eau (par ex.. St-Domineuc, Bazouges), ils ont été conçus pour les pénichettes et peuvent poser des problèmes de débarquement et de mise à l'eau pour d'autres embarcations qu'une yole. L'idéal serait des pontons de 30 cm de hauteur (cf. Saint-Domineuc), à défaut de cales ou d’ aménagements dans les berges pour la mise à l'eau. L'absence pure et simple de ponton (comme  à Beslé) mais aussi les quais prévus pour les péniches ou les bateaux à moteur (Guipel, Cran, la Roche-Bernard) trop hauts pour les esquifs utilisés représentent un obstacle majeur pour la randonnée à l'aviron.

         Le rythme régulier de 15-16 coups d'aviron à la minute en moyenne (bien marqué avec régularité, constance et efficacité par la nage habituelle) a permis d'avancer à 6-7 km/heure (cf. la "lenteur toute admirative" dont parle Le Héron, op. cit., p. 18), avec des pointes à 4 nœuds 3 à certains moments entre Rennes et Pont-Réan, et une seule fois (dans le bief avant l'écluse de La Roche), un sprint pour atteindre une écluse avant la fermeture de 12h35 (à comparer aux 41 km  parcourus en canoë simple en 7h40 par Le Héron, cf. op. cit. p. 18).

         Il faut rappeler le rôle essentiel du barreur qui, vigilant en permanence, doit pouvoir donner des ordres clairs (à noter les différences dans la terminologie, selon les clubs: Par…tout, ou pas), en particulier pour l' entrée dans les écluses, les passages étroits, les arrivées aux pontons où il faut bien doser la vitesse du bateau.

En navigant à l'aviron entre la Manche et l'Océan, on a l'impression d'être comme hors du temps, en évoluant dans une atmosphère silencieuse: il y a peu de bruits d'automobiles (sauf à Saint-Domineuc), au plus celui de quelques tracteurs, même les cris d'animaux et d'oiseaux (sauf les canards) sonr rares. S'impose le bruit régulier des avirons entrant et sortant de l'eau , celui des coulisses, la marque sur l'eau du sillage avant et arrière, et des bouillons formés par les palettes des avirons, qui peut entraîner une sorte de sédation, voire un endormissement chez le barreur (entre Cran et Foleux!) et même chez les rameurs. Par contraste, entre Pont-Réan et Guipry, le bruit du moteur quatre temps de la sécu a résonné fort aux oreilles de l'équipage; plus que les rares bruits de trains à St Médard, Messac et Beslé.

Il faudrait pouvoir faire partager la sensation du matin où après la fraîcheur de la brume on se réchauffe et on se chauffe au soleil, mais aussi la satisfaction qu'entraine la fin d'un grain qui a obligé à rentrer la tête dans les épaules sous le vent et la pluie.

Dire l'événement que représente la rencontre d'autres embarcations mais aussi des différents modes de locomotion présents sur le halage ou à proximité ( marche ou course, cycles, moto, automobiles, chevaux, train) dont les utilisateurs , à des vitesses différentes, dépassent la yole mais aussi, en mouvement ou arrêtés pour la contempler, sont croisés ou rattrapés, avec l'échange de quelques mots ou de quelque simple salut ou signe.

Dire ce que représente la découverte, par des rameurs posés à 10 cm au dessus de la surface de l'eau, d'un paysage, perçu "à reculons" et en continu, sans hâte, avec des haltes et des étapes, enregistré dans la mémoire comme le ferait une caméra embarquée pour la réalisation d'un film panoramique, un paysage qui défile comme un ruban bordé de berges, et où l'horizon ne cesse de s'évanouir, au rythme lent du bateau; une perception totalement inversée par rapport à celle du barreur qui anticipe évidemment celle des rameurs, à moins que ceux-ci, alertés par un indice sonore ou par une recommandation du barreur, ne se retournent (quand la rotation de la tête ou du tronc leur est encore possible!).

Les contraintes horaires liées au rendez-vous donnés au milieu de la journée ou en fin d'après-midi (avec, par conséquent, la nécessité d'arriver à l'heure) a laissé trop peu de place pour la flânerie et les excursions ( comme la visite de la "voie "romaine" de Louzais, dans des conditions de débarquement "sportives").

Il conviendrait de privilégier la navigation du matin (2/3 du parcours et du temps) sur les tronçons où cela est possible, soit les tronçons avec peu d'écluses.

 

8. La voie verte et bleue Manche-Océan.Il s'agit d'une voie navigable bien entretenue (de la qualité de l'eau, l'équipage n'a guère appris, mais a pu, en revanche, remarquer l'absence d'odeurs désagréables ou d'irisations). On constate, néanmoins, un envasement considérable —très visible— de la Rance, la présence de quelques épaves (à quai ou sur les rives) ou d'installations de pêche au carrelet apparemment abandonnées, de berges rongées (selon le patron de la péniche "Neptune", l'état d'oxydation des palplanches est lié au problème de nitrates), de quelques arbres tombés à l'eau, d'herbes envahissantes dans la Vilaine maritime. Certaines portions du canal sont très/trop boisées avec un manque de soleil (cf., par exemple, la tranchée de Tanouarn envahie par la végétation, et sans endroit où débarquer, sur 7 km).

         La liaison Manche-Océan est longée à partir de la plaine de Taden jusqu'à Redon, par un chemin de halage, quelquefois doublé d'un autre chemin sur l'autre rive, relativement fréquenté par des cyclistes et des marcheurs surtout, notamment aux abords des agglomérations. Sauf entre Saint-Grégoire et Rennes fréquenté par des promeneurs en famille ou de jeunes sportifs et quelques groupes de cyclistes itinérants (quelques cavaliers aussi), il semble surtout s'agir d’un lieu de promenade particulièrement apprécié des seniors.

       Tout au long de la voie, de belles écluses, très soignées,  certaines très coquettes ou inventives. Le personnel est motivé et attaché  à son écluse (ou ses écluses), il en connaît en général bien l'histoire. La  modernisation des équipements (vannes hydrauliques, pontons d'attente, téléphones portables...) est appréciée. A noter, bien sûr, le malaise relatif au concours des écluses fleuries (les critères de l'architecte du canal ne semblent pas unanimement appréciés) qui au départ a été salutaire pour l'entretien des abords. 

Les installations, notamment le long de la Vilaine maritime (cf. halte de Rieux, La Chapelle de Brain, Painfaut), sont très satisfaisantes, avec une bonne signalisation et information (à expertiser néanmoins du point de vue des randonneurs à l'aviron ou "touristes nautiques"), avec des pontons en très bon état pour la quasi totalité, mais peu adaptés à l'aviron. A certains endroits comme  La Courbe, Beslé et Cran, l’absence de ponton approprié est un fort inconvénient.

Des possibilités de ravitaillement, restauration, et hébergement existent presque toujours à proximité de la voie fluviale Manche-Océan (sauf à la Plousière en Guipel). L'expérience en a été faite pour les étapes ou haltes indiquées (par exemple, à Tinténiac, un hôtel-restaurant-guinguette), à Saint-Médard où la restauration près du camping sera bientôt possible, ou encore à Apigné, un restaurant proche de l'écluse et bon marché. On ne pourrait néanmoins privilégier une seule modalité d'hébergement, tel, par exemple, le camping non sauvage, et il faut tenir compte des jours de fermeture de certains établissements (le lundi les deux hôtels-restaurants de Pont-Réan étaient fermés, par exemple).

Emprunter la voie d'eau Manche Océan c'est être hors des flux de circulation dominants (routiers, essentiellement) qui sont, pour la plupart, coupés à la perpendiculaire et peu visibles ni audibles (sauf à Saint-Domineuc, l'axe Rennes-Saint-Malo) et à Saint-Médard , les trains, sauf durant la nuit. Sur le canal d'Ille et Rance et la Vilaine, le passage d'un camion ou d'un train sur un pont peut devenir une sorte d'événement, par la rupture passagère, à ce titre valorisée, qu'il peut représenter.

         Il serait important, pour les randonneurs à l'aviron, de proposer, comme possibilité, le gardiennage par les éclusiers (pour la nuit ou quelques heures) de leurs embarcations et matériel.

 

9. Choses vues (ou ressenties) du fleuve ou du canal.

Des paysages: Tout au long des 250 km, l'équipage a pu apprécier la variété et l'évolution des paysages et des atmosphères: la ria de la Rance, avec ses murs de vase à marée basse,  la douceur intimiste du Canal d'Ille et Rance, l'ingrat passage urbain, à partir de Saint-Grégoire jusqu'à Cicé (cf. les rives  inintéressantes, pourtant utilisées par quelques pique-niqueurs après le Moulin au Comte dans la Zone Industrielle; les dessous de ponts peu soignés ou abandonnés à un habitat précaire), le paysage plus ouvert et remarquable après Pont-Réan, notamment de Bœuvres  à Beslé, les sauvages mais plats et sans doute moins attrayants panoramas de la Vilaine maritime (Arzal semble peu accueillant pour ceux qui y cherchent autre chose qu'un mouillage permanent).

Des embarcations: pénichettes de location ou de propriétaires (certaines de type britannique ou hollandais), bateaux hors-bord (Dinan-Evran), bateaux à quai (certains à l'abandon et en très mauvais état), bateaux électriques (Rennes), peu d'embarcations mouillées le long des rives (elles sont plutôt en plastique), péniches ("Neptune" (classe péniche), à Tinténiac, une autre à Guipel, péniche-spectacle à La Courbe), canoës (Beslé), kayaks (Saint-Grégoire-Rennes), procession de Bélougas (La Roche Bernard) avec des bateaux voile-aviron et kayaks de mer (et des bateaux à moteur peu respectueux des limitations de vitesse et des autres…).

Des installations sur les rives à l'usage des pêcheurs (embarcadères ou postes de pêche), surtout après l'écluse de Malon (avec un habitat plus ou moins stabilisé), mais peu de plates et de barques, au total.

Des points remarquables vus de l'eau: les ponts (certains classés) et les ponceaux (au-dessus de mystérieuses langues d'eau), les bornes kilométriques, des manoirs et châteaux (non  identifiés), des croix  commémoratives (par exemple: à "Gicquel décédé accidentellement le 12-II-1948 à l'âge de 23 ans"), etc.

Des poissons: ils semblent assez rares (cf. ce que dit Ouest-France du 9 octobre 2008 sur la maladie des poissons en Vilaine; il y aurait moins de sandres) et n'ont pas animé les plans d'eau sur notre passage (à une heure trop ou pas assez tardive pour le poisson, il est vrai).

Des oiseaux: cols-verts, hérons, cygnes (notamment après Mâlon, où on peut observer des couples et même de véritables colonies), aigrettes, oies, cormorans, mouettes, peu de passereaux (et quelques autres animaux, vaches ou chevaux).

Une flore: les allées d'arbres le long du canal d'Ille et Rance (peupliers, chataîgners, chênes majestueux, souvent bons à couper), avec des trouées de lumière; des arbres remarquables (comme les mélèzes chevelus de La Courbe); mais aussi les  herbes envahissantes (par exemple,. la "salade" ou jussie dans laquelles les pelles se prennent avant Foleux), etc.

Des habitants: outre les éclusiers/ères titulaires, stagiaires ou remplaçant(e)s (souvent des étudiant(e)s), avec ou sans brassières, les spectateurs le long des berges, sur les chemins de halage ou aux écluses;. beaucoup de promeneurs (il faudrait enregistrer leurs commentaires, leurs encouragements, leurs gestes mimant le coup d'aviron (moulinets avec les avant-bras, comme on pagaie, le plus souvent, ou geste du rameur sur banc fixe); des pêcheurs, peu nombreux et peu causants en général (comme toujours), mais finalement générateurs de peu de conflits (même verbaux).

Des points remarquables près de l'eau, connus, comme les toiles de Théophile-Louis Deyrolle (1844-1923) au Syndicat d'Initiative de Messac-Guipry, découverts, comme l’atelier de potiers à l'écluse de La Roche ou le Jardin du Transformateur à Saint-Nicolas de Redon ,ou ignorés (un four à chaux près d'une écluse) et  d'autres non visités (Maison du Canal, Musée de la Batellerie, Musée de la Vilaine maritime de La Roche-Bernard).

 

Il existe encore, latente, une culture fluviale, illustrée par les patrons de péniches, les éclusiers, un pêcheur professionnel de sandre après Beslé, un fils de passeur, des cabanes de pêcheurs, etc., à recueillir, mobiliser et vivifier.

Vus du canal (qui traverse plusieurs agglomérations) ou de la Vilaine (dont les agglomérations sont en général assez éloignées, à l'exception de Pont-Réan et Messac), les effets de la rurbanisation sont encore plus frappants: quelle vie dans les villages durant la journée ? La présence à Pont-Réan et au Boël des enfants de deux classes de Laillé, pleins d’envie d’apprendre, a fugacement mitigé cette impression.

Il faudrait réfléchir davantage aux rapports à l'EAU et au milieu aquatique, qui peuvent fasciner (comme élément maîtrisé ou suscitant des « désirs de berge »), mais sont aussi être perçus comme hostiles (comme élément liquide, instable, vaseux, pollué, etc.).

Tout ce patrimoine immobile et disponible est découvert, s'anime, prend du sens au fur et à mesure de la lente progression de l'embarcation à rames, selon des critères particulièrement variés, et pour certains peu conformes à la conception touristique conventionnelle.

Quelle « découverte » que de réaliser qu'une partie de la presqu'île de Bretagne est en fait une île reliée au continent par des ponts et  que la liaison Manche-Océan est de même nature que le canal Calédonien en Écosse !

Les informations offertes le long de la voie Manche-Océan devraient être complétées et revues à partir du point de vue du rameur ou canoéiste, de ce qui est remarquable par/pour lui et sous forme de déroulé (un inventaire systématique est à faire).

 

10. Echanges et rencontres. Tout au long du parcours des rencontres et des échanges programmés ou fortuits ont eu lieu avec des membres des associations suivantes: Centre nautique de La Richardais, CŒUR, Centre Nautique de Plouer-sur-Rance, Aviron de Rance, CA Dinan, Kayak Club des Trois Rivières, Association Cabestan, Association Sportive des Municipaux de Rennes Métropole, REC Aviron, Y d'Ille, SNSM, Canoë-Kayak Club de Pont-Réan, Société d'Aviron de Redon et Vilaine, Vent de Vilaine), ainsi qu'avec des élus municipaux et/ou départementaux (La Richardais, Lanvallay, Evran, Saint-Domineuc, Tinténiac, Bazouges/Hédé (le Président du CG 35 était représenté par Jean Lissilour), Guipel, Saint-Médard, Betton, Rennes, Le Rheu (Jean-Luc Chenut a essayé de nous rencontrer à deux reprises), Pont-Réan, Messac-Guipry, Beslé, La Chapelle-de-Brain, Redon, Foleux, Arzal. Sauf à Evran et Hédé tous les maires contactés ont, d'une façon ou d'une autre, manifesté leur intérêt, (souvent en organisant un pot d'accueil), de même que de nombreux conseillers généraux ou présidents de communautés de communes des Côtes d'Armor et d'Ille et Vilaine (mais aussi de Loire-Atlantique), y compris par leur présence. A toutes les associations et à tous les élus présents a été remis le fanion-souvenir de la randonnée et proposé la signature du Livre d'or qui a enregistré leurs appréciations te commentaires.

         Ces rencontres conviviales ont été l'occasion d'informer de vive voix sur toutes les dimensions du projet Manche Océan avec en retour des informations sur les projets liés au Canal ou à la Vilaine; et beaucoup d'échanges chaleureux et instructifs, parfois inattendus, voire cocasses, avec les présents.

"Ville de Rennes" a par ailleurs été ponctuellement escortée par deux embarcations et trois rameurs de l'Aviron de Rance, une yolette du CA Dinan, avec à la nage Jean Boisorieu (85 ans ; champion de France en 1947), une yolette de Redon ("Amour de Breizh"), pendant deux jours, "Cool Douce", coche d'eau de l'Association Cabestan (pendant deux jours), "Bourdon Pépère", remorqueur de l'Association des Péniches de Rennes ainsi que des canoëistes de l'ASMR pendant la traversée de Rennes, R. Gautier, accompagné de Fabien Aubanel (SRR), entre Acigné et Pont-Réan, Catherine Bruneau (CDSA) sur un bâteau de sécurité (entre Pont-Réan et Messac) et Stéphane Letourneur et Gérard Edet (NIV), à bicyclette, entre Saint-Médard et Rennes et Pont-Réan et Messac...

         L'équipage se souvient tout particulièrement du ravitaillement offert au fond de l’écluse du Chatelier, de la rencontre avec Robert Nogues et deux jeunes potiers (écluse de La Roche), de la découverte des écluses fleuries et animées, de l'accueil à Saint-Médard (au camping, avec ses douches à "eau solaire") et du sponsoring la Communauté de Communes du Val d'Ille, du débarquement à Betton au milieu du marché du dimanche, de la rencontre organisée par la municipalité de Rennes au jardin de la Confluence, de  l'accueil chez Roland ("le canotier de la Vilaine") et Annaig Nugue à La Courbe, des toiles de Deyrolle à Messac, de l'accueil à Beslé organisé par la maire-adjointe (avec banderolle, pot et dîner…), de l'hospitalité du club de Redon, de la conversation avec le maire de Béganne, fils de l’ancien passeur de Foleux…

Non programmées mais également appréciées ont été les rencontres avec les éclusiers, le patron du "Neptune", Hélène (la promeneuse anglaise), des classes de l'école primaire de Laillé spectatrices de la yole et de son équipage à Pont-Réan et à l'écluse du Boël, des anciens rameurs et rameuses  (Catherine Anne-Aubry (ancienne secrétaire de la SRR) qui nous a accueillis chez elle à Hédé), Patrick Le Noblaye, ancien barreur, médaille de bronze aux championnats de France en 1972, à Bazouges/Hédé, un ex-champion de Bretagne à Rennes, Béghin, ex-rameur de Château Gontier à Foleux, Jean-Baptiste Picot, ex-CNFU, à Arzal), mais aussi de nombreux badauds des berges  ou des écluses avec lesquels des conversations, plus ou moins longues, ont été engagées, etc.

On peut observer une sympathie spontanée pour les rameurs depuis une représentation où l'image du galérien (ou du grand costaud) qui semble encore présente (plus exceptionnelle est l'association avec Venise…); une sorte d'admiration pour la synchronisation et l'harmonie du "ramer ensemble"; l'étonnement en découvrant (à l'étape!) qu'on peut ramer avec toutes les morphologies et pour son plaisir (sans objectifs sportifs de compétition et sans associer l'entreprise à une (bonne) cause (cf. "ramer pour…").

 

11. Un petit événement dans les médias. La randonnée (annoncée dans Ouest-France du  5 septembre) a trouvé de bons échos, —concentrés (sur les deux premiers jours) et échelonnés à la fois— auprès de :

TV Rennes 35: 1 mn 30 le 24 septembre ;

France-Bleu Armorique: le 24 septembre (l'enregistrement n'a  pas été conservé) et le 25; Ouest-France (Dinan) le 25 septembre;

FR3 Haute-Bretagne le 26 (jour du tournage à Tinténiac) (ou  le 27 septembre ?)

Ouest-France (Ille et Vilaine) le 27-28 septembre;

Ouest-France (Rennes) le 29 septembre;

Ouest-France (Redon) le 4-5 octobre)

Les Infos du Pays de Redon 1706

Votre quartier Bourg-l'Evêque (n° 167, nov.-déc. 2008),

sans compter les entretiens avec les correspondants d'Ouest-France et les éventuels articles ou photos dans les bulletins municipaux et autres (par exemple,  la photo de couverture de la  publication du Comité Départemental du Tourisme Haute-Bretagne Ille-et-Vilaine Loisirs 2009, le site web de la SRR (http://regates.rennaises.free.fr) ou  L'Aviron).

Cela a permis une bonne information des spectateurs sur les différentes étapes et une mobilisation accrue des  élus.

Une analyse des expressions récurrentes dans le Livre d'or et dans les médias permet de voir que l'initiative est sympathiquement saluée et qu'on lui associe tout autant le courage ou la passion des rameurs que ses dimensions de promotion et développement du patrimoine fluvial. Viennent ensuite les expressions sportives complices ou nostalgiques de rameurs et rameuses, puis de gentils commentaires sur l'âge de l'équipage.

Le passage de la yole ou son arrivée annoncés par les médias (quelquefois avec une grande précision horaire comme à Messac où "Ville de Rennes" est arrivée avant l'heure annoncée: 17h 19!), ainsi que la remise de fanion et la signature du Livre d'or, sont devenus un petit événement, sans doute explicable par le caractère insolite de l'entreprise, par la prise de conscience qu'elle a suscitée du lien que représente la liaison Manche-Océan, et par la durée et la difficulté de la performance sportive (cf. les représentations liées à la pratique de l'aviron) rapportées à l'âge moyen de l'équipage (et à sa prestance!). Un événement en rupture avec le flux habituel des pénichettes (en baisse, cet été; cf. les statistiques de l'ICIRMON),  "l'occasion de voir autre chose" et certainement un peu surévalué dans la représentation et l’attente de certains, à en juger par la déception lorsqu’ils n’ont vu qu'un seul bateau), mais la modestie de l'apport événementiel a justement pu permettre une meilleure prise en compte de l'esprit qui animait un projet, par ailleurs producteur d'images et d’informations pour les bulletins des différentes communes.

Avec Manche-Océan à l'aviron, la pratique de l'aviron (vue, lue, entendue) a pu se faire connaître ou mieux connaître,  et « Ville de Rennes » et son équipage ont été abondamment photographiés.

Si l'on compare au canoë indien ouvert et plus adapté au tourisme nautique (léger, maniable, silencieux, faisant face au paysage), l'aviron est au total sans doute plus complet du point de vue sportif, plus confortable, et permet de couvrir de plus grandes distances; dans tous les cas, il s'agit d'une pratique parfaitement adaptée à la promenade et au tourisme fluvial..

 

12.Les comptes (provisoires) de la randonnée

 


Recettes :

Conseil régional : 500

Charier TP : 250

Communauté de communes du Val d’Ille :   6

Conseil Général 35 : 500

Participation des rameurs : 2 045, 97

Total : 3 301, 97 euros

 

Dépenses :

Hébergement : 315, 80

Restauration : 1 518

Équipement : 302, 85

Carburant : 67, 70

Fanions : 672, 75

Affranchissements, photocopies, etc. : 129, 70

Total : 3 007, 30 euros

 

NB. Ne sont pas comptabilisées les prestations de service de NIV, du CDSA, du CDOS  et de la SRR.

 

 

 


13. SUGGESTIONS ET PROPOSITIONS:

 

Des équipements :

-équiper de pontons ou installations appropriés aux embarcations d’aviron et aux canoës et kayaks la liaison Manche-Océan, en priorité les endroits où rien n’existe (cf. Beslé, Cran).

-développer les hébergements en gîtes-étape

 

Des randonnées :

-organiser une sortie à plusieurs bateaux, préfiguration d’une randonnée nationale labellisée

-organiser une randonnée-patrimoine à l'aviron (avec visites touristiques et questionnaires associés)

-organiser une rencontre de yoles patrimoniales

-naviguer de Redon à Lorient ( ou sur  le Blavet) à trois quatre yoles (selon la capacité des écluses).

-associer trois ou quatre clubs porteurs (Dinan, Rennes, Redon) à travers le CDSA.

-naviguer sur le Canal Calédonien (80 km. en Ecosse)

-mettre à disposition de bateaux en location (yoles ou assimilées —à concevoir?) avec ou sans assistance (barreur-guide), pour des parcours en "libre service" (cf. les points randos de la  Fédération Française des Société d’Aviron (FFSA).

 

Des informations 

-produire un descriptif déroulé à partir de la surface de l'eau (sur l'eau, sur les berges, au delà), après un inventaire systématique des différentes ressources ( à faire au moteur!), avec des apports informatifs généraux ou ponctuels, des extensions à proposer (jusqu'à un ou deux kilomètres du cours d'eau?), pour un usage variable en temps et en rythme. (cf. les documents existants, réalisés pour la navigation en bateau à moteur ou pour la randonnée pédestre ou cycliste, essentiellement). Avec comme objectif final la réalisation d'un topo-guide adapté (cf. la plaquette de Nautisme en Finistère).

-envisager la même chose pour "La Bretagne à l'aviron", par les rivières et les canaux.

-faire un récit illustré (cf. celui de R. Patay), suivi éventuellement de conférences, de « Manche-Océan à l'aviron ».

 

J.-F. Botrel, 30 novembre 2008.

 

 

N.B. Ce bilan a été rédigé à partir des contributions de J.-P. Allain, J. Barbin, J.-F. Botrel, L. Bourdais, N. Glet, Ph. Sudry et M. Touret et validé les 14 et 21 novembre  2008.